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Des élèves montréalais découvre la culture anichinabée à Lac-Simon

Un groupe d'élèves de l'école secondaire Saint-Henri à Montréal était de passage jeudi dans la communauté de Lac-Simon. Ils participent à un voyage organisé par des enseignants en histoire qui estiment que le programme du ministère de l'Éducation n'aborde pas assez l'histoire des Premiers Peuples.

Un texte de Thomas Deshaies

Repas à base d'orignal, confection d'objets traditionnels, et rituel de la tente à sudation. Ce sont quelques-unes des activités auxquelles ont pris part la cinquantaine d'élèves de l'école Saint-Henri, grâce à l'accueil des citoyens de Lac-Simon.L'un des hôtes, Jacques Wabanonik, était enchanté par leur visite. « Moi j'aime bien partager ma culture avec le monde, j'aime ça partager ma culture, que ce soit avec la communauté où les allochtones de l'extérieur », a-t-il expliqué.

Il espère que d'autres groupes souhaiteront venir découvrir la communauté.Peu de place aux Autochtones, malgré la réformePour l'enseignante en histoire et accompagnatrice, Véronique Ledoux, le programme d'histoire laisse toujours trop peu place à l'histoire des autochtones, et ce, malgré la récente réforme.

C'est d'ailleurs ce qui a motivé son collègue et professeur, Jérôme Jolin, à organiser pour une deuxième année consécutive, ce type de voyage.

« On essaie de combler le plus possible [les lacunes du programme], souligne Mme Ledoux. Mais, il n'y a rien comme l'expérience de le voir, de le vivre, pour être capable de mieux le comprendre. Sinon, ça reste tout le temps au niveau théorique. On aime bien entrer dans la pratique. »

Déconstruire les préjugésLes préjugés demeurent tenaces envers les communautés autochtones.Il faut travailler à les déconstruire en apprenant à connaitre les Autochtones, clame Mme Ledoux. « Souvent nos élèves, la seule connaissance qu'ils ont, c'est qu'il y a beaucoup d'Autochtones qui sont dans les rues en tant qu’itinérant, à Montréal », explique-telle.

Il faut expliquer à la relève pourquoi il en est ainsi, croit l'enseignante. « Je trouve ça très important de leur montrer que c'est juste une petite facette, puis que si ces gens se ramassent dans la rue, c'est aussi parce qu'ils ont des défis, puis des problèmes à régler dans leur communauté, puis qu'on ne leur laisse peut-être pas la place, qu'on ne leur fait pas la place qui devrait leur revenir », souligne-t-elle.

De l'exotisme… aux rapprochements interculturelsLe conseiller pédagogique aux relations interculturelles à la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Réginald Fleury, constate un regain d'intérêt des écoles pour les cultures autochtones.

L'élève en 4e secondaire, Carla, a écouté plusieurs documentaires sur l'histoire des autochtones, en prévision de son passage à Lac-Simon. « Surtout, à propos des pensionnats, un domaine que je ne connaissais vraiment pas. Triste de savoir ce qui s'est passé, mais c'est encore plus beau de voir qu'on peut faire des plus grandes choses pour améliorer les choses », affirme-t-elle.

Plusieurs des participants au voyage n'avaient jamais quitté la région métropolitaine, explique Mme Ledoux. « Nos élèves viennent d'un peu partout sur la planète. Plusieurs ne sont pas nés au Canada où sont arrivés quand ils étaient très jeunes. Donc ils ont peu, ou pas l'occasion de sortir de Montréal. Leur faire visiter la province, leur montrer à quel point c'est grand et c'est beau, ça fait partie aussi de nos objectifs », affirme-t-elle.

Les élèves continueront de déconstruire les préjugés, pour encore quelques jours, alors qu'ils se rendront à la découverte de Waskaganish.

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