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Des fenêtres décorées à Montréal à la mémoire des femmes autochtones

L'artiste mohawk Hannah Claus présentera cet été des œuvres rappelant les disparitions et les assassinats de femmes autochtones, dans 19 vitrines de commerces de Montréal.

L’initiative Les fenêtres qui parlent est un projet d’art estival se déroulant cette année dans 19 arrondissements différents afin de célébrer le 375e anniversaire de Montréal.

Plusieurs artistes sont invités à contribuer au projet, dont l’artiste d’origine mohawk et anglaise Hannah Claus.

« J’ai décidé que si je participais à cela, je voulais que mes vitres abordent un sujet important pour moi », indique l’artiste.

Elle a ainsi décidé de traiter de la question des femmes autochtones disparues et assassinées, puisque l’artiste estime que l’enjeu n’est pas souvent discuté au Québec.

« Ce n’est pas un enjeu qui est fréquent au Québec, dit-elle. Si on regarde les grands titres des médias, c’est un sujet qui revient beaucoup plus souvent dans l’Ouest et en Colombie-Britannique. »

Hannah Claus a décidé d’intituler sa série d’œuvres Je me souviens, en précisant avoir délibérément repris « la devise du Québec bien visible sur les plaques d’immatriculation ».

Pas uniquement une commémoration

L’artiste a décidé de créer deux différents types de vitres : certaines à la mémoire des femmes autochtones disparues et assassinées, et d’autres qui présenteront des statistiques.

En 2015, Hannah Claus avait réalisé un projet vidéo dans lequel des personnes de trois communautés autochtones – Odanak, Kanesatake et Kahnawake – et des Montréalais avaient écrit les noms de femmes autochtones disparues et assassinées.

« C’était un processus au cours duquel les gens ont accordé beaucoup d’importance aux noms qu’ils allaient écrire. Cela a été fait avec beaucoup de considération et d’amour », précise l’artiste.

Elle a d’ailleurs conservé les copies originales des noms et a décidé de les utiliser pour son nouveau projet.

Hannah Claus compte également présenter des statistiques sur la violence envers les femmes autochtones au Québec.

« [Ces vitres] ont plus un effet coup de poing que les autres. Je ne voulais pas que [ce projet] ne soit qu’une commémoration », explique l’artiste. « Je voulais aussi qu’il soit compris comme une crise toujours en cours et qui n’a pas été résolue. »

Les œuvres d’Hannah Claus ont déjà émergé dans les arrondissements de Rosemont–La Petite-Patrie et d’Outremont, où elles resteront encore quatre jours. D’autres vitres peuvent aussi être aperçues dans l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro.

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