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Des photos qui dérangent dans une épicerie de Val-d'Or

Des photos à l'entrée d'un commerce de Val-d'Or sont considérées comme discriminatoires envers les Autochtones. Victime de perpétuels vols à l'étalage, l'épicerie IGA Famille Pelletier, au centre-ville de Val-d'Or affiche, dans son entrée une vingtaine de photos de personnes prises par des caméras de surveillance. Cependant, sur la majorité des photos affichées, on identifie des visages de personnes autochtones. Des voix s'élèvent pour le retrait de ce tableau.

Un reportage d'Émélie Rivard-Boudreau

Les photos affichées à l'entrée du IGA Famille Pelletier de Val-d'Or ont été citées devant la Commission sur les relations entre les Autchtones et certains services publics. L'anthropologue Pierre Lepage, considère qu'elles alimentent la discrimination systémique envers les Premières Nations.

« Est-ce qu'ils ont été arrêtés? Est-ce qu'ils ont été condamnés? Est-ce qu'ils sont soupçonnés de vol à l'étalage? On ne le sait pas. Est-ce qu'on peut mettre ta photo indument? Et surtout, l'image que ça projette dans ce cas-là », s'est-il questionné devant la commission.

Légal ou pas?

Le IGA Famille Pelletier n'a pas voulu nous accorder d'entrevue. Le groupe Sobeys, dont fait partie le commerce, a affirmé que les photos étaient affichées après qu'une plainte ait été déposée à la police, mais sans nécessairement après qu'un verdict de culpabilité ait été prononcé par un juge. La légalité de la démarche reste encore à démontrer.

L'avocate et représentante des avocats de la défense de l'Abitibi-Témiscamingue, Érika Marier, constate que ce tableau dérange. « C'est déjà arrivé que j'aie des gens, qu'ils avaient vu leur photo, qu'ils voulaient qu'on fasse des démarches pour enlever leurs photos », a-t-elle affirmé en entrevue.

Dans les cas qui l'ont concernée, l'affichage était légal. « À partir du moment où le contrevenant a été condamné, c'est public. Donc, le commerce a le droit de l'afficher. Ce n'est pas illégal », indique-t-elle.

De son côté, le Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or se questionne si cette pratique contrevient aux droits et libertés de la personne. Par écrit, la directrice générale, Édith Cloutier, s'est dite préoccupée par l'humiliation publique de ces personnes et de leur famille qu'entraîne ce tableau. « Cette pratique, à notre avis, va à l'encontre des valeurs de justice sociale prônées par la société québécoise », lit-on dans la réponse de l'organisme.

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