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Des survivants de la rafle des années 60 se prononceront sur l'entente d'Ottawa

Les survivants de la rafle des années 1960, des avocats et des représentants gouvernementaux de partout au pays sont attendus jeudi à Saskatoon, en Saskatchewan, pour se prononcer au sujet de l'entente de principe visant à régler les poursuites intentées par des victimes.

Des partisans et des opposants de cette entente de principe prévoient de prendre la parole, à la Cour du Banc de la Reine, pour faire valoir leurs arguments.

L'avocat de Regina, Tony Merchant, dont le cabinet représente environ 5000 survivants vivant au Canada et à l’étranger, s'attend à une salle comble.

Un fonctionnaire a indiqué qu'une salle d'audience supplémentaire a été préparée et du personnel a été appelé en renfort pour l'audience. Par ailleurs, des rassemblements sont également prévus avant et pendant l'audience.

En automne dernier, une entente de principe de 875 millions de dollars a été annoncée pour régler les poursuites relatives à la politique fédérale qui permettait d’enlever des enfants autochtones à leur famille pour les confier à des non-Autochtones au Canada, aux États-Unis et en Europe.

Des années 1960 aux années 1980, environ 20 000 enfants autochtones ont été enlevés à leur famille, occasionnant la perte de liens familiaux, culturels et causant d'autres préjudices.

L’entente comprend 750 millions de dollars en dédommagements pour les victimes, 50 millions de dollars pour établir une fondation pour aider les victimes à guérir et 75 millions de dollars pour les avocats représentant les survivants.

Chaque survivant pourrait recevoir entre 25 000 $ et 50 000 $.

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Les gens qui s'opposent à l'entente espèrent que l’accord permettra finalement aux familles de passer à une étape après des années de négociations.

Si l'entente est abandonnée, Tony Merchant croit que de nouvelles négociations prendraient des années avant d'aboutir à un nouvel accord.

Les Métis sur la touche

Les opposants de l'entente estiment que les sommes pour les survivants sont insuffisantes. Ils réclament aussi des audiences nationales pour que les survivants racontent leurs histoires comme la Commission de vérité et de réconciliation l'a fait pour les survivants des pensionnats autochtones.

Des opposants déplorent par ailleurs que l'accord inclue seulement les Premières Nations et non les survivants métis. L'ancien président de la Nation métisse de la Saskatchewan, Robert Doucette, dit qu’il ne peut y avoir de réconciliation si les survivants métis ne sont pas inclus.

« C'est vraiment triste que le gouvernement fédéral veuille faire adopter ce processus avec, je suppose, des partisans de cet accord, les cabinets d'avocats qui gagneront 75 millions de dollars », a-t-il lancé.

La firme Merchant et deux autres entreprises ont lancé des poursuites concernant la rafle des années 60 en 2009. Plusieurs autres se sont jointes depuis lors.

M. Merchant a déclaré que son cabinet lance des poursuites contre divers gouvernements provinciaux au nom des survivants métis.

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