La plupart des hôpitaux du Québec ne recyclent pas leurs plastiques médicaux. Dans la région de Montréal, les centres hospitaliers envoient annuellement des centaines de tonnes de ces types de plastiques à l'enfouissement plutôt que de les récupérer. Certains veulent cependant changer les choses.

Un texte de Jean-Philippe Robillard

À la Cité-de-la-santé de Laval, environ 100 tonnes de ces plastiques médicaux sont produits chaque année. À l'Hôpital Jean-Talon de Montréal, c'est autour d'une vingtaine de tonnes, alors qu'à l'Hôpital Pierre-Boucher de Longueuil, c'est près de 40 tonnes.

Dans sa salle d'opération, où tous les instruments sont stérilisés et protégés dans des emballages plastiques, le chirurgien Alexis-Simon Cloutier constate qu'il y a beaucoup de plastique autour de lui. « C'est souvent du matériel de bonne qualité, parfaitement propre qui est utilisé parfois pour quelques heures, quelques minutes pour emballer un instrument, donc c'est du matériel qui a un potentiel pour être récupéré, pour être réutilisé, recyclé. »

On retrouve également des plastiques médicaux, comme les sacs de soluté ou encore les tubulures, un peu partout dans l'hôpital. On estime qu'ils représentent 10 % des déchets des centres hospitaliers. Selon Recyc-Québec, il n'y a que quelques hôpitaux qui récupèrent ces plastiques qui sont pourtant de bonne qualité et qui ne sont pas contaminés, contrairement aux déchets biomédicaux.

Nathalie Robitaille, spécialiste du développement durable dans le secteur de la santé, déplore que beaucoup trop de plastiques de qualité ne sont pas récupérés dans les centres hospitaliers. « C'est étonnant, surtout qu'on sait qu'il y a des objectifs gouvernementaux à atteindre, sauf qu'ils n'ont pas les moyens. Il y a des enjeux d'espace, de transport et de coût de ressources humaines [...] et ce n'est pas leur priorité, disons, de gérer les matières résiduelles. »

Les centres de tri acceptent uniquement les plastiques domestiques, précise Mme Robitaille, puisque pour ces centres, les plastiques médicaux sont considérés comme un contaminant.

Recycler les plastiques médicaux

Depuis quelque temps, le personnel de l'Hôpital Pierre-Boucher a commencé à récupérer certains de ces plastiques médicaux, dont les sacs de soluté, qui sont utilisés à grande échelle à l'hôpital et qui représentent six tonnes de déchets par année. Une fois triés par du personnel de l'hôpital, ces sacs de plastiques médicaux sont envoyés à l'usine de Ced-Lo de Farnham, où ils sont transformés.

M. Legault et son équipe font de la recherche et du développement pour tenter de recycler les sacs de soluté et leur trouver d'autres débouchés.

La directrice adjointe des services techniques au Centre intégré de la santé et des services sociaux de la Montérégie-Est, Francine Leblond, espère que ces projets de récupération pourraient permettre aux hôpitaux de recevoir des redevances, comme c'est déjà le cas avec le papier et les métaux. « On fait de l'argent avec nos matières, dit-elle, qu'on investit dans un fonds vert qui nous sert à faire d'autres initiatives en environnement. »

Trois autres centres hospitaliers ont commencé eux aussi à récupérer les plastiques médicaux : l'hôpital Cité-de-la-Santé de Laval, l'Hôpital juif de réadaptation et l'Hôpital Honoré-Mercier de Saint-Hyacinthe. L'Hôpital Hôtel-Dieu de Sorel entreprendra prochainement le recyclage des emballages plastiques.

Ces projets pilotes sont réalisés en collaboration avec le soutien financier de Recyc-Québec.

Avec la réforme dans le secteur de la santé, il peut être difficile pour des hôpitaux de prendre le virage vert alors que les besoins des patients sont à la hausse et que le personnel est souvent à bout de souffle. Selon le ministère de la Santé, sept établissements de santé ont un budget spécifique au développement durable.

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