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Dollar canadien en baisse : les festivals de la région en souffrent-ils?

Avec un faible dollar canadien qui oscille autour de 72 cents américains, certains festivals doivent user de stratégies pour continuer d'attirer des artistes américains sans nuire à leurs finances.

Avec les informations de Vanessa Limage

Opération charme pour Osisko en lumière

Au festival Osisko en lumière, l'organisation use de séduction et négocie serré avec les agences de spectacles. Christine Morasse, directrice générale de la Corporation des fêtes pour tout le monde qui chapeaute le festival Osisko en lumières, affirme qu'il « faut faire usage de pourparlers avec les groupes, leur faire comprendre qu'on ne peut pas mettre des 30 ou 40 000 $ de plus en dollar canadien pour aller les chercher. C'est sûr qu'on leur dit :" Venez à Rouyn-Noranda! Vous allez voir, vous allez aimer ça!" [Donc], on essaie de leur dire qu'ils vont avoir une belle expérience, puis que s'ils acceptent de baisser leur cachet, ça va peut-être leur donner encore plus d'envergure pour vendre des CD, pour la poursuite de leur carrière. Ces groupes-là qu'on essaie de séduire présentement ne sont jamais venus évidemment, donc on joue le côté exotique. »

L'organisation du festival Osisko en lumière a également fait appel à des partenaires financiers pour tenter de savoir s'ils sont prêts à mettre plus d'argent sur la table. Selon Christine Morasse, le comité envisage aussi de miser davantage sur des artistes canadiens ou québécois tout comme l'an dernier.

Gestion serrée pour le FGMAT

Pour le Festival des guitares du monde en Abitibi-Témiscamingue, il n'est pas question d'écarter de la programmation les artistes internationaux qui font la renommée du festival. Selon la vice-présidente du Festival, Louise Vézina, ce sont plutôt des projets spéciaux en périphérie qui pourraient être mis sur la glace.

« On budgète toujours un 30-40 % de plus pour les artistes américains, dit-elle. Puisqu'on est un festival international, on se doit quand même d'inviter des gens de l'extérieur. La première chose qu'on va concrétiser, c'est la programmation en salle et à ce moment-là, on sait, avec notre budget combien il nous reste pour faire des concerts gratuits, pour faire des sorties supplémentaires. »

Précautions au FME

Bien que la programamtion du Festival de musique émergente soit composée à plus de 80 % d'artistes canadiens, l'événement doit tout de même être prévoyant.

« On anticipe le pire, affirme Sandy Boutin, président du FME. On prévoit même encore une baisse du dollar canadien d'ici septembre prochain. Pour ce qui est de nos invités internationaux, souvent, on fait l'achat de billets d'avion à partir de Rouyn-Noranda, avec des agences de voyage de Rouyn-Noranda. On subit les répercussions que les compagnies aériennes vont nous faire. »

Il admet que la situation jouera sur le cachet des artistes américains.

Pour le festival Osisko en lumière, le cachet des artistes représente près du quart du budget, soit 275 000 $. Au Festival des guitares du monde, le volet programmation équivaut au tiers du budget total qui est de 900 000 $.

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