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Dossier Racicot à la mine Westwood : la direction nie l'influence du mouvement syndical sur sa décision

Le directeur de la mine Westwood, Sylvain Lehoux, nie que la manifestation de soutien au président du Syndicat de la mine Westwood, André Racicot, ait eu une influence sur la décision de le réintégrer au travail après suspension. Au micro de l'émission Des matins en or, M. Lehoux a expliqué avoir suspendu M. Racicot le temps d'enquêter sur ses propos. Il l'a ensuite réintégré puisque M. Racicot s'est rétracté.

Une suspension temporaire

Sylvain Lehoux a donné sa version des faits sur le dossier de la suspension d'André Racicot pour la première fois ce matin. « C'était quand même assez simple. Lors d'une réunion du comité CNESST, comité technique, où siégeait M. Racicot représentant, et je cite, les Métallos, j'ai eu une demande à l'effet que André avait sorti une information qui pouvait être erronée. La demande était aussi simple que ça : c'était de savoir si ce chiffre était correct. Ça s'est avéré que ce n'était pas correct du tout et que ce chiffre-là, sorti par André, pouvait avoir de graves conséquences au bout de la ligne », explique le directeur.

La direction a décidé de faire enquête. C'est pour cette raison « qu'on s'est dit qu'on allait retirer temporairement, avec solde, M. Racicot, le temps de l'enquête », dit-il.

Lundi après-midi, le président du syndicat des travailleurs de la mine Westwood a été réintégré dans ses fonctions, sans note au dossier. Cette décision a été prise à l'issue d'une rencontre entre l'employeur Iamgold et le syndicat. « André Racicot, on l'a réintégré parce qu'il est revenu sur ses propos. Il a admis avoir fait une erreur. Il va se rétracter, il va faire une lettre au comité et c'était le but visé : de revenir sur la vérité », affirme M. Lehoux.

Relations tendues entre Métallos et la direction

Lundi après-midi, avant que M. Racicot ne soit réintégré, des syndiqués des Métallos ont tenu une manifestation pour appuyer leur collègue.

Le directeur québécois des Métallos, Alain Croteau, soutient que la manifestation s'est tenue parce que ses membres ne comprenaient pas « pourquoi on visait André. Est-ce qu'on voulait le faire taire? Est-ce qu'on voulait faire taire le mouvement syndical? Est-ce que c'était une avenue de l'Association minière du Québec de nous faire taire? Je ne le sais pas. Une chose qui est sûre, c'est qu'on s'est tenus debout et je pense que ça a dû aider au dossier d'André. »

Réagissant à ces propos, le directeur de la mine s'est emporté. « Les manifestations, ce que M. Croteau a dit, que ça a aidé à réintégrer M. Racicot, je vous le dis : Du tout, du tout, du tout. J'espère que M. Croteau est sur la ligne et qu'il est en train d'écouter ce que je dis », a-t-il lancé, tout en soulignant que le rendez-vous de lundi après-midi avait été convenu avec M. Racicot avant la manifestation.

« Nous autres, on est les premiers à libérer les gens pour faire avancer les affaires, continue Sylvain Lehoux. De dire qu'on a bâillonné le syndicat, ce sont des mensonges. C'est du capital politique au niveau des Métallos et ça c'est extrêmement dommage. La preuve : j'invite ce matin M. Croteau à venir à mes bureaux pour régler ses comptes face à face. » M. Lehoux a sommé le directeur québécois des Métallos à prendre rendez-vous avec lui « s'il est un homme ».

M. Lehoux affirme que, malgré cet épisode, la mine Westwood a de bonnes relations avec ses employés. « La preuve : il y avait moins de 10 personnes sur la soixantaine de personnes qu'il y avait sur le coin de la 117, qui étaient de nos employés [...] Au bout de la ligne, je pense que le mouvement n'a pas vraiment influencé et je le cite, c'est bien important. »

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