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Du Nunavut à la Terre de Feu sans énergie fossile : le défi d’Arnaud Maldague

Un aventurier belge est à Churchill, au Manitoba, depuis le 1er mai, pour la première étape d'une expédition de deux ans et demi qui doit l'amener de Kugaaruk, au Nunavut, à Ushuaïa en Argentine, sans moyens de transports motorisés.

Un texte de Gavin Boutroy

« Je suis parti le 15 janvier de Kugaaruk, tout au nord. Et après 1500 km et plus de 100 jours, je suis enfin arrivé à Churchill », lance Arnaud Maldague, un diplômé en sciences économiques reconverti au métier d’aventurier.

Son corps a subi la rudesse du froid. Il a dû faire une pause dans le village de Naujaat, au Nunavut, le temps de laisser guérir un orteil infecté à la suite d’une engelure.

Il souhaite maintenant faire le trajet Gillam-Winnipeg à vélo. La prochaine étape sera de descendre le Mississippi en kayak jusqu'à La Nouvelle-Orléans. Par la suite, il traversera le Mexique à bicyclette. Au Belize, il dit qu’il se trouvera un voilier pour se rendre jusqu’en Guyane britannique.

Arrivé en Amérique du Sud, Arnaud Maldague veut traverser l'Amazonie en descendant deux rivières, jusqu’au Pérou. Là, il suivra la cordillère des Andes à cheval, pour terminer à pied en Patagonie.

M. Maldague a baptisé son aventure le Manneken Trip, du nom de la célèbre fontaine bruxelloise. Il travaille sur ce périple depuis deux ans. Hormis une commandite de la marque britannique Berghaus, qui lui fournit des vêtements, il vit cette aventure à ses frais.

« Je suis déjà parti en vélo de Bruxelles à travers l’Asie et vers l’Australie. J’ai roulé en vélo pendant huit mois et demi et fait plus de 13 000 km en vélo, mais c’était un voyage moins organisé et moins tourné “challenge” que celui-ci, qui est vraiment une expédition », affirme-t-il.

Une expédition à vocation sociale

« J’avais envie, dans chaque pays, de promouvoir des acteurs environnementaux. Plutôt que de toujours montrer du doigt les méfaits de la société, et de le pointer vers des responsables, j’avais envie de dire : en fait, il y a énormément de gens qui sortent de leur zone de confort tous les jours et qui essaient de changer des choses », déclare l’ancien spécialiste des sciences économiques.

« Quand j’ai commencé les sciences économiques, j’avais un peu cet esprit-là, que l’économie, c’est uniquement tourné vers le profit. Mais, finalement, c’est un domaine assez large », précise-t-il.

Il tentera donc de faire la promotion d’organismes non gouvernementaux, de mouvements de jeunesse, d’entreprises sociales, de scientifiques ou encore d’architectes qui oeuvrent pour le bien de l'environnement. À Churchill, il est en contact avec des chercheurs qui se penchent sur le pergélisol.

Le sort de ces terres, jadis gelées en permanence, et aujourd'hui en train de fondre, est un phénomène méconnu en Europe de l’Ouest, selon M. Maldague.

La prochaine semaine, il repartira vers Winnipeg. « Ici, il n’y a toujours pas de route. Donc, je vais devoir suivre la ligne de chemin de fer jusqu’à Gillam. Comme le train ne fonctionne pas, ce ne sera pas trop dangereux », dit-il.

Il est possible de suivre la progression du Manneken Trip d’Arnaud Maldague sur sa page Facebook et son site web.

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