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Eau contaminée au benzène : La Reine aura un système de filtration au charbon

La municipalité de La Reine, en Abitibi-Ouest, utilisera finalement un système de filtration au charbon pour régler le problème de contamination de l'eau potable au benzène qui perdure depuis le début avril 2015.

Avec les informations d'Émilie Parent-Bouchard

C'est que cette solution serait moins dispendieuse que de trouver une nouvelle source d'approvisionnement d'eau potable, selon les informations que le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, le MAMOT, aurait transmises à la municipalité, lors d'une rencontre tenu le 27 janvier dernier.

À l'issue d'une première réunion tenue le 28 août 2015 avec des représentants du ministère des Affaires municipales et de l'Environnement, la municipalité travaillait plutôt sur l'hypothèse de trouver un autre puits.

Après la préparation d'un dossier à présenter dans le cadre du Programme d'infrastructures municipales d'eau, le PRIMEAU, et la publication d'un appel d'offres en ce sens, le conseil municipal a finalement adopté une résolution officialisant le choix de la filtration au charbon lors de la séance de lundi dernier.

Le maire de La Reine, Jean-Guy Boulet, se dit déçu des efforts déployés en vain depuis l'été dernier. Il explique qu'il espère régler le problème d'ici la fin de 2016. « Le MAMOT a vérifié les municipalités qui traitent au benzène à l'heure actuelle - elles sont deux à l'heure actuelle - pour nous dire au début janvier qu'on devrait aller vers le traitement, qu'eux-autres payaient seulement les coûts du traitement. Ils ont dit que si [nous voulions] aller vers la recherche d'un nouveau puits, [nous allions] payer la différence. On n'a pas bien, bien le choix... C'est un peu décevant pour la population, la population attend depuis près d'un an. On essaie de conclure le projet à la fin de 2016 », assure-t-il.

Le directeur général adjoint de la municipalité de La Reine, Daniel Céleste, ajoute que le financement des travaux proviendrait du Programme d'infrastructures municipales d'eau, le PRIMEAU du MAMOT, qui finance généralement les travaux d'infrastructures à partir d'un minimum de 50 %. Il ajoute qu'une autre partie du financement proviendrait du Programme de la taxe sur l'essence et de la contribution du Québec (TECQ) et que la municipalité pourrait aussi être appelée à contribuer, dans une proportion qui n'est pas encore connue.

« Les plans et devis, ces choses-là, ça va être sur la TECQ 2014-2018, pour la réalisation de ces étapes-là, indique M. Céleste. Par la suite, c'est soumis au PRIMEAU pour la construction du projet. C'est à hauteur de 50 pourcent, évidemment, on nous dit qu'il y a possibilité que ce soit plus, mais sans que ce soit officiel. Donc une fois que ça aura été accepté, et que l'annonce du financement sera faite, c'est à ce moment-là qu'on va voir si c'est réalisable pour la municipalité. On y va avec les possibilités qu'on nous offre. »

Le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire n'a pas donné suite à notre demande d'entrevue.

La Conception, municipalité pionnière du système de filtration au charbon

Par ailleurs, la municipalité de La Conception, dans les Laurentides, a été la première municipalité québécoise à se doter d'un tel système.

La directrice généale de La Conception, Marie-France Brisson, décrit les procédures, qui ont duré un peu plus de deux ans, comme « longues et fastidieuses ». Elle est cependant satisfaite des résultats. « On était un peu les pionniers, non seulement [au Québec, mais] en Amérique du Nord, d'une contamination au benzène sur un système desservant une eau potable à une population. Alors beaucoup de recherches ont du être faites avant d'en arriver à l'élaboration, à la mise en place du fameux système. Mais oui, depuis que c'est en place, ça va très bien, et même qu'on n'a eu aucun pépin et l'eau qui est à la sortie de l'usine est conforme aux normes, c'est une eau de qualité, même », dit-elle.

La municipalité dit que la réalisation de ce projet aurait été impossible sans la collaboration d'experts, et des directions régionales des ministères des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, de l'Environnement et de la Santé, puisque la municipalité n'avait pas nécessairement l'expertise pour mener un tel projet seule.

La directrice générale ajoute que le le financement du projet a été un autre enjeu majeur puisqu'il fallait éviter d'endetter la municipalité de 1300 habitants. Elle explique cependant qu'en raison d'un emprunt déjà réalisé en vertu du Programme d'infrastructures Québec-Municipalités pour la construction d'une nouvelle usine de filtration, la municipalité a pu régler la problème de la contamination au benzène en déboursant à peine 1000 $.

« Petite population, alors peu de moyens pour régler un imprévu de cette nature-là, explique Mme Brisson. Alors le MAMOT a été en mesure de nous financer la problématique comme telle à 99,9%, mais la problématique du benzène comme telle qui a monté à 1,2 million, mais encore là, exceptionnel, du fait qu'on avait un règlement et une subvention qui n'étaient pas encore fermés, on avait injecté toutes les taxes d'accises aussi que le gouvernement nous demande d'injecter avant de nous donner plus de suventions. »

En tant que pionnière d'utilisation d'un système de filtration au charbon, la municipalité de La Conception dit répondre avec plaisir aux demandes de renseignements de la part d'autres municipalités aux prises avec de l'eau contaminée au benzène. Elle souligne notamment avoir eu des discussions avec la municipalité de La Reine, en Abitibi-Ouest, au printemps dernier.

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