Retour

Économie, environnement et société : Québec présente sa vision stratégique de développement minier

Le ministre délégué aux mines et responsable de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec, Luc Blanchette, dévoilait aujourd'hui la vision stratégique pour le développement du secteur minier québécois. Trois grandes orientations sont définies, soit la mise en valeur des ressources minérales, l'atténuation des impacts environnementaux et la promotion de la participation citoyenne et de la transparence.

Avec les informations d'Émilie Parent-BouchardTwitterCourriel

Pour le développement de l'économie du monde minier

La présidente directrice générale de l'Association minière du Québec (AMQ), Josée Méthot, ainsi que la directrice générale de l'Association d'exploration minière du Québec (AEMQ), Valérie Fillion ont toutes deux participé à l'élaboration de cette vision dans le cadre des consultations qui ont eu cours depuis l'été 2014. Et cette stratégie est dévoilée alors que les investissements dans le secteur minier ont diminué de 55% depuis 2012.

Selon elles, l'industrie minière interprète l'axe économique cette vision stratégique comme un pas dans la bonne direction. « Le volet allégement administratif, c'est très important pour l'industrie minière. Dans le document, on voit l'engagement de vraiment y travailler », dit Josée Méthot de l'AMQ.

Malgré ces encouragements, la présidente-directrice générale de l'AMQsouhaite que cette vision se traduise par des actions concrètes. Mme Méthotsouligne qu'il y a encore du travail à faire étant donné le nombre d'intervenants concernés. Seulement au niveau gouvernemental, 10 ministères sont impliqués, sans compter les établissements de formation, les organismes de promotion des exportations, les institutions financières, etc.

De son côté, la directrice générale de l'AEMQ, Valérie Fillion, parle d'un grand défi : celui de l'accès au territoire. Elle rappelle que 99,97 % du territoire québécois n'a jamais fait l'objet d'extraction minière.

Les deux représentantes de l'exploration et de l'exploitation dans l'industrie espèrent voir des mesures concrètes dès jeudi, jour de dépôt du budget du ministre des Finances, Carlos Leitao.

Des engagements environnementaux

Côté environnement, le ministre délégué aux mines parle d'une vision stratégique cohérente avec les autres politiques du gouvernement. On peut penser à l'électrification des transports, notamment. Le gouvernement s'engage aussi à réduire le passif environnemental des sites miniers de 50 % d'ici 2022.
Pour parvenir à ces fins, le gouvernement mise beaucoup sur la recherche et le développement et sur l'innovation. Cet aspect concerne donc les universités et les instituts de recherche qui travaillent dans ces secteurs.

L'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue travaille déjà sur certaines de ces avenues avec l'industrie. « On nous voit à certains endroits spécifiquement entre autres en ce qui concerne les développements autour des terres rares et du lithium au niveau du développement des aspects environnementaux de ces procédés-là, mais il n'y a rien de spécifique sur le financement de nos activités », explique Denis Bois, directeur de l'Institut de recherche en mines et en environnement (IRME) à l'UQAT.

La Coalition pour que le Québec ait meilleure mine croit pour sa part que le gouvernement ne va pas assez loin dans ses mesures environnementales. La coordonnatrice de l'organisme, Dominique Bernier, soutient que les deux derniers axes de la vision stratégique à savoir l'environnement et la protection des droits des citoyens sont les parents pauvres du document présenté ce matin.

Mme Bernier s'inquiète en outre de l'absence de mesures pour le resserrement des normes environnementales dans le domaine de l'exploitation à ciel ouvert. « Il n'y a aucun point, aucun élément qui pourrait laisser croire qu'il va y avoir un resserrement des normes des mines à ciel ouvert [...] l'encadrement est vraiment déficient pour ce type de mines en particulier », estime-t-elle.

Mines et société

Le gouvernement souhaite finalement articuler le développement minier autour de l'axe social, c'est-à-dire la transparence, la participation citoyenne, la responsabilité et l'acceptabilité sociale.

Sur le plan social, Québec entend, entre autres, favoriser la main-d'oeuvre locale et autochtone sur les grands chantiers et trouver des solutions au navettage aéroporté, communément appelé fly-in/fly-out.

Plus d'articles

Commentaires