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Élection des préfets au suffrage universel : le débat s'amène en Abitibi-Témiscamingue

En cette année électorale pour les municipalités, le débat sur l'élection au suffrage universel des préfets refait surface. Avec le projet de loi 122 qui prévoit attribuer aux municipalités plus de pouvoirs et plus d'autonomie, la question se pose plus que jamais.

Un débat qui anime les réseaux sociaux

C'est en tout cas l'avis du citoyen d'Amos Mathieu Larochelle, qui soulève la question sur les réseaux sociaux.

« Je pense qu'il faut qu'il y ait un débat là-dessus. C'est aux quatre ans et il y a de grosses décisions qui se prennent, dit-il. Vu que le préfet représente l'ensemble des citoyens de sa MRC, qu'il discute avec les autres préfets, est-ce qu'il doit être élu par l'ensemble des maires ou est-ce qu'il doit être élu par les citoyens? C'est la question que je me suis posée, que j'ai lancée comme ça et ça a lancé une belle conversation ».

Des discussions similaires ont été lancées par un groupe de citoyens de la Gaspésie, qui demandent que les élus mettent en place les conditions nécessaires pour que tous les préfets soient élus au suffrage universel.

L'avis du préfet de Témiscamingue Arnaud Warolin

Ce mode de désignation présente des avantages, selon le préfet de la MRC de Témiscamingue Arnaud Warolin, élu directement par les citoyens, si on fait exclusion de Rouyn-Noranda qui a un statut d’« une MRC, une ville ».

Parmi les avantages avancés, il fait notamment valoir la meilleure représentation de la population du Témiscamingue.

S'il concède que cette pratique est appelée à se répandre, il note cependant que tous les contextes ne se prêtent pas à ce mode de gouvernance.

Moi, je tire mon chapeau à des gens qui peuvent être travailleurs à plein temps, maires à plein temps et préfets à plein temps alors qu'aujourd'hui, les responsabilités qui ont été dévolues aux MRC ont considérablement augmenté.

Arnaud Warolin

Selon lui, le modèle est particulièrement adapté pour les milieux ruraux qui disposent de plusieurs petites municipalités étendues sur un grand territoire et sans grande ville-centre.

Le préfet de la MRC de Témiscamingue est invité dans d'autres MRC de la province pour partager son expérience de préfet élu au suffrage universel.

« Je leur parle des deux côtés, des côtés positifs et des côtés plus difficiles, dit Arnaud Warolin. Je leur dis de bien faire cette réflexion, de prendre leur temps, de discuter avec leur population, de discuter avec les élus et d'enlever l'échelle purement municipale et leurs propres intérêts. De regarder à long terme ce que ça pourrait donner pour leurs municipalités, pour leur MRC. »

Selon Arnaud Warolin, les préfets élus doivent rencontrer le ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, Martin Coiteux, lors de la prochaine Assemblée des MRC de la Fédération québécoise des municipalités ce printemps.

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