Retour

Elizabeth Lahaie : de Beaudry au bout du monde pour apprendre à mieux revenir

Un excellent emploi, de bonnes conditions de travail, un compagnon de vie... Selon ce qu'en disent certains, Elizabeth Lahaie avait tout en main pour atteindre un certain équilibre de vie. La principale intéressée a pourtant trouvé cet équilibre en laissant le confort derrière elle pour aller aider les plus démunis un peu partout sur la planète.

Une rencontre d’Angie Landry

« Un jour, j’ai rencontré une personne vraiment importante dans ma vie. Lui, il était prêt à voyager », lance d’emblée Elizabeth Lahaie.

Originaire du petit village de Beaudry, désormais reconnu comme un quartier dans l’enceinte de Rouyn-Noranda, l’Abitibienne avoue avoir toujours eu ce goût du voyage en solo, mais elle n’avait jamais eu la chance, jusqu’à cette rencontre, de prendre le large en compagnie d’un être aimé.

Construire des maisons écologiques

Premier arrêt : Nouveau-Mexique, aux États-Unis.

C’est en Westfalia que « la petite fille de Beaudry » a pris la route vers une formation d’environ deux mois en construction de « Earthships », un type de maison écologique fabriquée à partir de matériaux recyclés. Ces maisons sont d’ailleurs reconnues pour résister aux tremblements de terre, mais, surtout, pour être autonomes, fournissant ainsi l’électricité et l’eau sans dépendre des villes ou des institutions.

« C’était un rêve que je réalisais », se souvient-elle.

Deux mois se sont écoulés et, avec de nouvelles compétences en poche, c’est vers le Guatemala qu’Elizabeth s’est dirigée par la suite. Pendant huit mois, elle et son conjoint de l’époque ont ainsi contribué à tester un prototype de maison construite à partir de pneus et d’argile, mais, surtout, à poursuivre la construction déjà amorcée d’une école qui avait bâti sa prémisse sur les principes des « Earthships ».

Aider les humains, épreuve personnelle et sociale

Après plusieurs mois de construction et de coopération au Guatemala, Elizabeth s’est finalement rendue au Pérou avec « cette envie d’aider plus concrètement les humains », raconte-t-elle.

« Au Pérou, c’était davantage du travail en permaculture, un petit peu en construction, mais surtout, de supporter des gens qui étaient dans un centre holistique où l’on traite des maladies ou des inconforts. Autant les dépendances aux drogues que le diabète ou la dépression. C’était large », explique Elizabeth.

Le centre où l’Abitibienne prêtait main-forte était situé au beau milieu des Andes, « assez creux dans le bois », dit-elle. L’organisation avec laquelle Élizabeth a collaboré accueille ainsi une quinzaine de personnes sur une base mensuelle, dans le but de les traiter entre autres, à l’aide de plantes médicinales.

« C’est une épreuve juste de s’y rendre. Un coup rendu, il y a l’épreuve de traiter les symptômes des gens sur place, mais c’est une expérience de pouvoir supporter ces gens en processus de guérison », raconte Elizabeth.

« Ça amène une ouverture », ajoute-t-elle. « Une ouverture sur le monde, une ouverture mentale, mais aussi une ouverture émotionnelle et humaine. Aussi, peut-être que j'appellerais ça "une clarté" par rapport à qui on est, qu’est-ce qu’on veut, pourquoi sommes-nous là », explique-t-elle.

Apprendre à revenir

Elizabeth Lahaie est revenue il y a à peine un an de trois années passées à l’international à concrétiser différents projets de coopération, à travailler sur cette personne qu’elle a laissée en même temps que le travail, les conditions et la routine derrière elle.

De retour au Québec, elle a fait le choix de s’installer dans les Laurentides, à mi-chemin entre l’Abitibi et la grande ville.

Les expériences d’aide à l’étranger ont rempli la jeune femme d’expériences et de lumière, mais cette étape du retour au bercail constitue en soi le vrai défi d’Elizabeth Lahaie.

« On n’a pas tous le même type de retour. On ne retourne pas tous dans le même type d’environnement, pas nécessairement celui où l’on était auparavant. Dans mon cas j’ai décidé de revenir quelques semaines en Abitibi, mais après trois ans, quand on a décidé de faire du travail sur soi, c’est une belle expérience de s’observer soi-même et de réagir à nos anciens conditionnements, si on peut dire », soutient-elle.Apprendre à revenir « au complet », pour Elizabeth, c’est un peu de prendre cette décision d’aimer l’Abitibi à distance, le temps de laisser à « la vie d’avant » et à « la vie à l’étranger » cette chance de coexister.

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