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Le Legs de Jean Racine : un premier album, un dernier spectacle

Jean Racine est peut-être le plus connu des chansonniers inconnus de l'Abitibi. Malgré ses 40 ans de carrière et ses concerts donnés d'ici à la France, l'auteur-compositeur-interprète n'avait jamais eu la chance de lancer un album. C'est maintenant chose faite. Et il offrira un dernier spectacle en guise de lancement et de remerciement à son public.

« Laisser une trace »

« Ça fait au minimum 40 ans que j’ai le désir de le faire. Un moment donné, le désir s’étire un peu, ça ne devient jamais une intention réelle, donc on met ça dans la boîte de souvenirs et ça risque de se retrouver un moment donné dans la boîte des oublis. Le legs, c’était dans le but de laisser une trace », explique M. Racine.

Ce Legs est à la fois son premier album et le bilan de sa carrière musicale, une première et une dernière, une boucle bouclée. C’est un phénomène rare. C’est encore plus rare qu’un artiste arrive à soutenir une carrière aussi longtemps, tout en composant ses propres chansons, et que celles-ci se propagent dans la culture populaire sans support musical. Mais c’est aussi comme ça qu’un artiste et ses créations entrent dans la légende.

De Montréal à l'Abitibi

Son mythe est né dans les boîtes à chansons de la région, à commencer par l’Hôtel du peuple à Val-d’Or en 1976, puis l’Hôtel Champlain et la Brasserie La Québécoise de Rouyn-Noranda. C’était l’année de la première élection du Parti québécois au pouvoir, c’était l’époque de la musique identitaire nationaliste. Jean Racine est entré dans cette mouvance.

Malgré qu’on lui attribue un tissu foncièrement abitibien, le résidant d’Abitibi-Ouest est originaire de Montréal. « Je suis arrivé ici en ’74, sur un coup de tête […] De fil en aiguille, j’ai rencontré Ghislaine quelques jours après mon arrivée. Qui prend femme prend pays, l’amour étant ce qu’il est. C’était en 1974, il y avait une certaine effervescence, il y avait de petites boîtes à chansons qui s’ouvraient. Mon idée de faire de la musique n’était pas bien ancrée, ce n’était pas concret. J’ai commencé à gagner ma croûte à la demande de plusieurs personnes qui ouvraient petites boîtes ici et là, avec quelques chansons », se souvient-il.

D'Abitibi à la France

La deuxième moitié des années 70 aura été faste pour Jean Racine. Mais le chansonnier a dû prendre des décisions importantes. « Il y a des momentums qui se présentent dans la vie. J’en ai eu un en 1978, dit-il. J’ai participé au Festival de Granby. J’ai eu l’honneur de gagner deux prix là. [J’avais] toujours dans l’idée de faire carrière avec mes chansons, mes compositions… mais ça n’a pas fonctionné parce qu’il y avait en même temps, la petite famille. Faire carrière, c’est un processus qui est assez long. J’ai dû faire un choix. »

Ce compromis a été de prêter sa voix aux chansons des autres pour faire plaisir au public. Il s’est tourné vers les reprises et l’animation de soirées. « J’ai joué énormément. J’ai fait le tour de la province de Québec, j’ai fait l’Ouest canadien, j’ai huit tournées en France, ce qui fait que le bagage est assez grand », énumère-t-il humblement.

Un répertoire à immortaliser

Le long de ce parcours, il n’a pas cessé d’écrire et de composer. Il a chanté ses compositions entre celles de Félix Leclerc, de Brassens, de Brel, de sorte qu’aujourd’hui encore, plusieurs de souviennent de L’ermite ou des enfants de Mont-Brun.

Avant de tirer sa révérence, l’auteur-compositeur-interprète a senti le besoin de graver son répertoire sur disque. « Les chansons je les avais et j’ai été obligé de les ressortir pour les redécouvrir, admet-il. Quand le processus a été enclenché, moi, ce que je désirais, c’est que ce soit vraiment un album artisan qui soit fait essentiellement par des gens d’ici. J’ai eu la chance d’avoir un paquet d’amis musiciens dont la plupart sont jeunes – à tout le moins, qu’à mon âge on considère jeunes! »

Les frères Greffard, Sébastien et Francis, y sont pour beaucoup. Le vétéran a enregistré ses chansons avec eux dans leur studio de Rapide-Danseur où il s’est entouré de plusieurs autres musiciens et amis.

Plusieurs d’entre eux l’accompagneront sur la scène du Petit théâtre du Vieux Noranda ce week-end. Malgré les années de tournée, le chansonnier n’est pas monté sur scène depuis 6 ou 7 ans. Le 16 avril, ce sera la dernière fois.

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