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Être transgenre en Abitibi-Témiscamingue : le témoignage d'Éliane

Alors que le gouvernement de Justin Trudeau a profité de la journée internationale contre l'homophobie, le 17 mai dernier, pour s'attaquer à la discrimination basée sur l'identité de genre et l'expression de genre en déposant le projet de loi C-16, destiné à protéger les droits des Canadiens liés au genre, le Radio magazine a recueilli le témoignage d'Éliane Champagne, une jeune femme de Val-d'Or qui apprend à apprivoiser sa féminité. 

« J'ai compris que j'étais différente dès l'école secondaire. Je me sentais différente, je n'étais pas bien dans ma peau, je n'étais pas bien dans mon corps », lance d'emblée celle qui ajoute avoir été victime d'intimidation à l'école. 

Mais Éliane était encore loin de la coupe aux lèvres. Des années s'écouleront encore avant qu'elle ne puisse officialiser son changement de sexe et célébrer sa féminité. Puis la délivrance : le thérapeute Pierre Barrette lui parle de la dysphorie de genre et explique à Éliane qu'elle n'est pas seule à vivre cette situation. 

« C'est vraiment lui qui m'a vraiment confortée dans cette idée-là que je n'étais pas fuckée, que j'étais juste différente », explique la jeune femme. 

Être transgenre en région

Éliane entretient beaucoup d'amitiés en dehors de la région. Mais elle soutient qu'il est aussi possible de trouver un réseau et du soutien en Abitibi-Témiscamingue. 

« La grande difficulté, c'est de trouver les bonnes personnes pour nous aider, les bons services. Moi j'ai la chance d'avoir un bon thérapeute, j'ai la chance d'être suivie ici en région pour le traitement hormonal. J'ai tout ce [dont] j'ai besoin ici en région, fait-elle valoir. Donc, ça se fait bien, il faut juste aller chercher les bonnes ressources et parler aux bonnes personnes. »

« Je n'ai pas souffert du regard des autres tant que ça », ajoute la jeune femme, précisant que d'avoir commencé la prise d'hormones avant d'officialiser son changement de genre a facilité les choses. 

« C'est normal qu'on ne se sente pas tout le temps gars ou fille. Ça peut arriver que les médecins, que nos parents nous disent : ''Tu es un petit gars ou tu es une petite fille''. Mais ça peut arriver que dans notre coeur, dans notre tête, qu'on sente qu'on n'est pas comme ça. C'est normal, vous n'êtes pas seuls. Il faut en parler. Il faut s'ouvrir à ça. On est en 2016, je crois que la société est rendue là », conclut-elle, philosophe.

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