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Féminisme : la déclaration de Lise Thériault fait réagir dans la région

L'ancienne mairesse d'Amos, Murielle Angers-Turpin, a sursauté en apprenant que la ministre de la Condition féminine du Québec, Lise Thériault, refuse l'étiquette de féministe.

En entrevue à La Presse Canadienne, la ministre Thériault a confié que son approche envers la cause des femmes se voulait beaucoup plus pragmatique que théorique, plus terre à terre que militante, plus individuelle que collective.

De retour après un congé de maladie, Lise Thériault a signalé avoir tracé ses priorités d'action dans ses nouvelles fonctions, à l'approche de la Journée internationale des femmes, le 8 mars.

Pour Murielle Angers-Turpin, qui est une précurseure en politique au Québec, il est triste que la ministre de la Condition féminine ne soit pas au fait des enjeux de la cause des femmes.

« Je trouve que c'est triste parce que pour moi, être féministe, c'est être conscientisé. C'est triste de ne pas reconnaître les femmes avant elle, qui ont marqué l'histoire. [Les] Saint-Jean, Casgrain, Payette, Jérôme-Forget, plus près de nous entre autres parce qu'il y en a bien d'autres. Je trouve qu'elle a un arbre devant la figure qui lui cache la forêt », a-t-elle dit.

Elle ajoute qu'elle est d'accord avec la ministre Lise Thériault, qui s'est donné pour mission d'aller sur le terrain pour dénicher des candidates

Selon Murielle Angers-Turpin, il faudrait cependant que la ministre, qui a soutenu cette semaine que l'implication des femmes en politique n'était pas une question de quotas, soit plus précise sur ses objectifs.

Des propos inacceptables, selon Julianne Pilon

La militante féministe Julianne Pilon estime que les propos de la ministre Lise Thériault sont inacceptables.

Selon elle, la ministre se doit d'afficher des positions féministes pour défendre l'ensemble des femmes.

« C'est un peu comme si on disait : le féminisme, on en a plus besoin aujourd'hui, alors qu'on sait très bien que les femmes gagnent moins cher que les hommes, que les femmes sont plus victimes de violence que les hommes, que les femmes sont plus pauvres que les hommes et qu'elles vivent dans des conditions qui sont souvent plus précaires que les hommes », dit-elle.

Julianne Pilon a milité de nombreuses années en Abitibi-Témiscamingue pour améliorer les conditions de vie des femmes.

Pour sa part, la porte-parole du Regroupement des femmes de l'Abitibi-Témiscamingue, Louiselle Luneau, croit que la ministre devrait revoir la définition du mot féminisme.

D'ailleurs, elle s'explique très mal cette prise de position.

La ministre Lise Thériault n'a pas souhaité faire de commentaires.

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