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Femmes autochtones disparues : Roméo Saganash salue les volets régionaux, mais craint la précommission

Le député néo-démocrate dans Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou, salue qu'Ottawa envisage tenir des sous-commissions régionales qui viendraient alimenter la Commission d'enquête nationale sur les femmes autochtones disparues ou assassinées. Pour la mise en place d'une précommission, il est favorable, mais il craint, tout comme la directrice du Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or, Édith Cloutier, que le processus traîne en longueur.

L'idée derrière cette mesure serait de tenir compte des différentes réalités régionales dépendamment où résident les nations autochtones au pays.

« Le problème des femmes autochtones disparues ou assassinées est plus accru dans certaines parties du pays. La Colombie-Britannique, par exemple, a une expérience particulière, a déjà eu une enquête provinciale, donc ils peuvent apporter cette expérience à cette commission nationale, croit le député néo-démocrate dans Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou, Romeo Saganash. Il faut prendre en considération la particularité du Québec là-dedans. Le fait que plusieurs nations autochtones parlent français aussi au Québec. Je pense que toutes ces particularités, il faut les prendre en considération ».

La ministre des Affaires autochtones Carolyn Bennett souhaite mettre sur pied une précommission d'enquête pour consulter les victimes, leur famille et les groupes autochtones. Cette précommission se pencherait notamment sur l'aide psychologique, la gestion des révélations possiblement criminelles, et l'éducation du public.


Romeo Saganash est favorable cependant, il craint que le processus traine en longueur. « Ce qui était différent entre le NPD et le Parti libéral dans ce dossier-là, c'était que nous, on avait promis de mettre sur pied cette enquête nationale publique dans les 100 premiers jours d'un gouvernement NPD. Ma crainte à l'heure actuelle, c'est que cette préconsultation traîne en longueur, de sorte qu'on ne verra pas réellement une Commission nationale d'enquête publique avant deux-trois, peut-être quatre ans », énonce-t-il.

Réaction d'Édith Cloutier

La directrice du Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or, Édith Cloutier, prend elle aussi une position mitigée. « Par ce geste-là, c'est une démonstration d'une écoute aux revendications, si je peux dire, des Autochtones. C'est sûr que ce sont les délais qui sont préoccupants. C'est sûr que, ce qu'on souhaite, c'est de faire la lumière rapidement », commente-t-elle.

Les travaux préparatoires de la Commission d'enquête sur les femmes autochtones disparues ou assassinées seront annoncés la semaine prochaine.
En 2014, un quart des victimes d'homicides au Canada étaient des Autochtones même s'ils ne représentent que 5% de la population.

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