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Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue : 35 ans de découvertes et de fierté

Le coup d'envoi de la 35e édition du Festival de cinéma international de l'Abitibi-Témiscamingue (FCIAT) a été donné samedi soir au Théâtre du cuivre de Rouyn-Noranda avec la première Nord-Américaine du film Le pacte des anges, de Richard Angers et mettant en vedette Marc Messier. Au-delà des milliers d'oeuvres présentées aux cinéphiles de la région depuis 35 ans, l'événement qui a servi de source d'inspiration à plusieurs événements culturels établis dans les régions contribue surtout à développer les sentiments de fierté et d'appartenance des gens d'ici.

Avec les informations d'Émilie Parent-Bouchard

C'est sous des applaudissements nourris que s'ouvre le 35e Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue. Parmi les privilégiés qui assistent à la soirée d'ouverture, François Lévesque. Originaire de Senneterre, celui qui est aujourd'hui critique cinéma au journal Le Devoir a fait ici ses premières armes comme journaliste, il y a 20 ans.

Depuis 1996, il y a fait des rencontres marquantes pour sa carrière. Comme l'actrice Louise Portal, aujourd'hui devenue une amie et qui a été pour le jeune étudiant en cinéma une « bonne fée marraine » en lui permettant de travailler aux Rendez-vous du cinéma québécois alors qu'elle était porte-parole de l'événement. Mais aussi des disparus qui lui permettent aujourd'hui de mesurer le chemin parcouru.

« J'ai rencontré ici Gilles Carle, j'ai dû être parmi les derniers à faire une entrevue avec lui. Plein de gens comme ça que j'admirais de loin, Pierre Falardeau, cite-t-il encore. Les beaux souvenirs se bousculent. Marie Trintignant pour le film Comme elle respire de Pierre Salvadori. Ça reste un souvenir très, très précieux. Elle était drôle, d'une vivacité d'esprit incroyable et cette voix, profonde, je l'entends encore. »

Selon lui, la petite envergure du Festival est propice à ces grandes rencontres.

« Je le dis toujours à mes collègues de Montréal. Il faut le vivre une fois dans sa vie et une fois qu'on l'a vécu, on veut le vivre de nouveau, poursuit-il. Ce n'est pas un festival qu'on veut couvrir une seule fois, on veut revenir. »

Une source d'inspiration

C'est là le tour de force que renouvelle chaque année le festival, qui a reçu plus de 3500 artisans de la planète cinéma depuis ses débuts. Pour son président et cofondateur Jacques Matte, la formule a fait école.

« [Ce sont] 35 années importantes, et importantes pour la région, le développement régional parce que le festival a pris racine dans son milieu et il s'est développé d'autres événements, le FME [Festival de musique émergente de l'Abitibi-Témiscamingue], le Festival des guitares du monde. La région est autrement à l'heure actuelle, elle n'est pas pareille comme quand on a commencé. Quand on a commencé il n'y avait pas de modèle, il n'y avait personne avant nous autres qui nous disaient quoi faire.

Développement du sentiment d'appartenance

M. Matte revendique d'ailleurs le titre de pionnier de l'ouverture de l'Abitibi-Témiscamingue sur le monde, tout comme ces jeunes festivaliers qui ont grandi avec le FCIAT et qui comme François Lévesque, sont fiers du chemin parcouru depuis les 35 dernières années. 

« En tant que précurseur de cette région culturelle, il y a quelque chose qui oui alimente le sentiment de fierté », fait valoir Jean-Philippe Rioux-Blanchette, qui vient de revenir s'établir dans la région après des études à Montréal. « Je suis très fière de voir tout ça, de voir qu'après 35 ans, il y a autant de monde, autant d'engouement et de voir qu'il y a eu plusieurs générations qui sont passées par le festival. C'est comme une grande famille, on se retrouve », explique pour sa part Rosalie Chartier-Lacombe. 

« Je pense qu'on est carrément choyés, probablement en Amérique du Nord et peut-être même dans le monde », laisse enfin tomber Benjamin Tremblay-Lapointe. 

Jusqu'au 3 novembre, les cinéphiles de la région pourront assister à 37 premières, dont 12 premières mondiales.

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