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François Gendron dénonce le taux de présence fixé à 80 % dans les CPE

Le député d'Abitibi-Ouest, François Gendron, dénonce le taux de présence fixé à 80 % dans les centres de la petite enfance par le gouvernement Couillard. Selon lui c'est un chiffre qui ne pourra pas être atteint par la grande majorité des CPE.

Il cite en exemple le CPE Bout'chou de Ste-Germaine-Boulé où 82 % des parents ont un horaire variable. François Gendron craint également que ce genre de mesure empêche les enfants de passer davantage de temps avec leurs parents et grands-parents.

« Une mesure administrative, c'est logique, ça se vend bien, les comptables vont comprendre ça, le vérificateur général va comprendre ça... mais les parents et la vie normale... ça c'est du mur à mur qui ne tient pas compte d'aucune façon de la réalité objective de ce qui se passe dans la vraie vie », croit le député d'Abitibi-Ouest.

Une jeune mère de famille a aussi dénoncé cette mesure ce matin. Le fils de Véronique Lavoie a subi un ACV alors qu'il était encore dans son ventre. Depuis ce temps, le côté gauche de son cerveau ne fonctionne plus. Il doit donc s'absenter fréquemment pour des rendez-vous médicaux.

« On a souvent des rendez-vous avec différents spécialistes, physiothérapeute, ergothérapeute, neurologue, pédiatre, optométriste, ophtalmologiste. Il faut aussi souvent se rendre à Ste-Justine pour rencontrer l'ophtalmologiste parce qu'ici en région il n'y en a pas pour les enfants. Il manque minimum 1 journée par semaine de garderie pour tous ces rendez-vous. J'ai calculé qu'il manquerait cette année 85 jours à la garderie et selon son contrat, il a droit à 52. Les questions qu'on se pose, c'est de savoir ce qu'on fait avec les journées en trop qu'il va manquer », explique-t-elle.

Une directive « impossible » à appliquer selon le regroupement des CPE d'Abitibi-Témiscamingue

Rappelons que, selon Manon Barbe, présidente du regroupement des CPE de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec, appliquer cette directive dans la région serait irréaliste, notamment en raison de la réalité territoriale. Elle soutient que cela serait aussi impossible en raison de certaines spécificités culturelles.

« C'est impossible de trouver assez d'enfants dans notre bassin de population [...] pour avoir assez de remplaçants. Deuxième chose, on a aussi une réalité culturelle qui est différente en région : on a des CPE autochtones. Ces CPE-là ont un taux de présence d'environ 60 % [...] Si on prend juste la période de chasse, le "Moose break", ils ne peuvent pas avoir des remplaçants. Le village est vide. Tout le monde est parti », explique-t-elle.

Manon Barbe renchérit qu'à cela s'ajoute la proportion importante de travailleurs de la région qui occupent des emplois avec des horaires atypiques. Mme Barbe avait fait cette déclaration la semaine dernière.

Avec les informations de Jean-Marc Belzile

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