Retour

Gold Bullion obtient le feu vert pour sa mine, au grand dam du Comité de vigilance de Granada

Le Comité de vigilance de Granada se dit consterné d'apprendre que la compagnie Gold Bullion a obtenu son certificat d'autorisation pour exploiter sa mine d'or, alors qu'il estime que l'acceptabilité sociale n'est pas au rendez-vous.

Un reportage de Claude Bouchard

Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDLCC) a délivré cette autorisation le 26 mai dernier.

Or le regroupement de citoyens estime que l'acceptabilité sociale n'est pas atteinte pour ce projet. Le porte-parole du Comité de vigilance de Granada mentionne que, sur une quantité totale de 9,8 millions de tonnes de sols extraits, le projet va générer 94 % de résidus. Jean-François Ouellet déplore également de la proximité entre la mine projetée et les maisons.

« C'est une minière à ciel ouvert qui va [commencer] ses opérations à peut-être, à peu près, 600 ou 700  mètres [des maisons], fait valoir M. Ouellet. Dans le fond, en plein coeur d'un milieu périurbain à 600 ou 700 mètres de plusieurs résidences. »

Deux fois les normes, dit Gold Bullion

Gold Bullion souhaite produire 77 500 onces d'or de la propriété Granada Gold en trois ans. Le président, Frank Basa, affirme avoir rempli toutes les exigences demandées.

« Nous avons rempli tous les critères de tous les ministères. Ce n'est pas qu'un permis, [ce sont] 26 permis, explique M. Basa. On a dépassé tous les critères de différentes façons. Ce n'est pas juste de respecter les critères minimum. Nous sommes deux fois plus loin que les exigences du ministère en ce qui concerne la première maison. Le ministère exige 300 mètres. Nous sommes à 750 mètres. »

Quant aux résidus qui seront générés par la mine, Gold Bullion mentionne que 4 millions de tonnes serviront à construire un mur antibruit et à contenir d'anciens résidus miniers.

Le reste sera vendu à un contracteur qui s'en servira pour construire des chemins, par exemple.

Le Comité de vigilance s'interroge sur le rôle du MDDLCC

Par ailleurs, le Comité de vigilance de Granada se demande quel est le réel pouvoir du ministère de l'Environnement.

« Qu'est-ce qu'il pourrait y avoir d'autre comme projet de cette ampleur-là?, s'interroge le porte-parole Jean-François Ouellet. Est-ce que ça pourrait être partout où on va miner sur le territoire de l'Abitibi? [Partout où] on va trouver de l'or ça va être permis? Un moment donné, le MDDELCC c'est un peu notre chien de garde, mais peut-être que M. Heurtel a serré la muselière un peu trop fort pour que ce chien-là soit inefficace. »

Contacté à ce propos, ministère de l'Environnement n'a pas été en mesure de répondre à nos questions dans les délais.

L'entreprise Gold Bullion mentionne pour sa part qu'elle a attendu deux ans avant d'obtenir son certificat d'autorisation et qu'elle a répondu à toutes les exigences du ministère. Les dirigeants se donnent trois mois pour évaluer si le projet ira de l'avant avec le site de Granada.

Plus d'articles

Commentaires