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Hausse de frais pour les étudiants étrangers : l'UQAT craint les répercussions

Le quotidien La Presse révélait ce matin que Québec doit imposer de nouvelles compressions aux universités québécoises lors du prochain budget. Le gouvernement offrirait cependant aux universités d'augmenter les frais de scolarité des étudiants étrangers pour absorber ces compressions à venir dont l'ampleur n'est pas encore connue. Cette solution, qui fait réagir à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, exclurait les étudiants d'origine française.

« Même sans cette augmentation, les étudiants étrangers paient beaucoup plus que les étudiants québécois ou canadiens »

Les discussions étaient animées aujourd'hui dans l'atrium de l'UQAT. Richard Bassolé, du Burkina Faso, fait valoir que « déjà, même sans cette augmentation, les étudiants étrangers paient beaucoup plus que les étudiants québécois ou canadiens et si il faut augmenter encore de 3000 ou 4000 dollars, ça va devenir plus cher encore pour certains étudiants et tout le monde ne peut pas se permettre aussi. » Il ajoute qu'une hausse pourrait compromettre l'arrivée de futurs étudiants étrangers.

Les étudiants étrangers, vitaux pour l'UQAT?

L'UQAT, comme plusieurs universités, mise pourtant sur le recrutement à l'international pour assurer une partie de sa croissance. Selon la conseillère en services pour les étudiants étrangers, Ann Gervais, cette stratégie porte ses fruits. « Le visage des étudiants étrangers a changé... maintenant, c'est majoritairement des étudiants [francophones] : il y en a qui viennent de Tunisie, Maroc, Algérie, on a 27 nationalités. À chaque session ça change également », remarque-t-elle.

Craintes d'un impact négatif sur le recrutement

La rectrice de l'UQAT, Johanne Jean, a appris la nouvelle dans les journaux. Elle craint un impact négatif sur le recrutement. Selon elle, certains programmes spécialisés dans les secteurs minier ou forestier pourraient en pâtir. « Je regarde tout ce qu'on fait dans le secteur minier, tout ce qu'on fait dans le secteur forestier dans lesquels il y a beaucoup d'étudiants d'origine étrangère qui viennent chez nous parce qu'on est bons dans ces secteurs-là. Même chose au niveau de tout ce qu'on fait au niveau de l'École de génie au premier, deuxième, troisième cycles, là aussi on a beaucoup d'étudiants d'origine étrangère. C'est sûr que ça pourrait avoir un impact négatif », craint-elle.

« Sidérant », clame l'association étudiante

L'association générale étudiante de l'UQAT (AGEUQAT), qui représente plus de 120 étudiants dont les frais de scolarité pourraient augmenter de 3000 à 4000 $ dès l'an prochain, dénonce aussi la situation. « Nous on trouve ça désolant de voir que le gouvernement Couillard tente de renflouer les coffres de l'État sur le dos des étudiants étrangers qui décident de venir faire des études supérieures ici au Québec, critique le président de l'AGEUQAT, Pier-Marc Corriveau. Surtout que, selon de récentes études, les 30 000 étudiants internationaux qui sont ici au Québec amènent environ un milliard de dollars dans l'économie québécoise, en plus de créer environ 12 000 emplois dans toute la province. On trouve ça sidérant. »

Simplement un scénario à l'étude?

L'attachée de presse du ministre de l'Éducation, Catherine Poulin, souligne qu'il s'agit d'un scénario à l'étude parmi tant d'autres et qu'aucune décision n'est prise pour l'instant. Elle ajoute que, puisqu'il est en convalescence, Pierre Moreau n'a pas encore pu prendre connaissance de l'ensemble des dossiers de son nouveau ministère.

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