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Histoire des Autochtones en Abitibi-Témiscamingue : deux communautés, une nation

Deux communautés autochtones ont toujours peuplé le territoire qu'on appelle aujourd'hui l'Abitibi-Témiscamingue. C'est d'ailleurs leurs noms qui ont été donnés à la région : les Abitibis et les Témiskamings. Dans le cadre de sa chronique généalogie, l'archiviste de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) à Rouyn-Noranda, Sébastien Tessier, est revenu sur l'histoire méconnue des Premières Nations de la région.

Un texte de Félix B. Desfossés

Une histoire peu documentée

L'histoire des Autochtones qui peuplent le territoire de la région racontée par Sébastien Tessier est celle référencée chez BAnQ. Ce sont en effet les écrits des missionnaires qui constituent l'essentiel de ces archives. « Au milieu des années 1800, ce sont les premiers témoignages qu'on a parce que les Autochtones, eux, ne produisaient pas d'archives. C'était une tradition orale. Donc, il n'y avait pas d'écrits. Les premiers écrits qu'on a, c'est vraiment ce que les missionnaires nous ont ramené dans leurs rapports de leurs missions », explique l'archiviste. 

Les rapports de mission ainsi que les registres des missionnaires qui sont disponibles sur microfilms sont donc d'une grande importance. Un registre des baptêmes, mariages et sépultures des missions amérindiennes de l'Abitibi et du Témiscamingue entre 1843 et 1969, produit par Mme Aline Bouchard, vient aussi jeter une certaine lumière sur cette page d'histoire.

Deux communautés, une nation

Les Abitibis et les Témiskamings, présents sur le territoire depuis 8000 ans, appartiennent à la Nation algonquine ou anishnabe, un nom qui signifie les « vrais hommes ». Bien que cinq jours de canot et 25 portages les séparent, les deux groupes ont beaucoup en commun. Ils parlent le même langage et utilisent les mêmes outils, notamment.

Avant l'arrivée des blancs, ils sont principalement nomades, ils vivent de la chasse au gros gibier et de la cueillette des petits fruits. La chasse était alors une activité de subsistance.

L'été, ils se sédentarisent autour des lacs Témiscamingue et Abitibi et ils profitent de l'abondance du poisson pour se nourrir.

Les membres des deux communautés se marient entre eux. Les cérémonies se déroulaient annuellement, au printemps, au lac Abitibi, à l'endroit appelé aujourd'hui la Pointe-aux-Indiens.

L'arrivée des Occidentaux, un chamboulement

Ce mode de vie traditionnel a connu une importante érosion à partir de l'arrivée des Occidentaux. Considérés comme des « sauvages » à l'époque, ils deviennent sujets français. Malgré cet assujettissement, les relations sont relativement harmonieuses avec les occupants venus de France.

La chasse, qu'ils pratiquaient pour la subsistance, devient alors une activité commerciale. Le troc leur amène de nouveaux outils qui changent leurs habitudes. Ils utilisent maintenant des fusils, des pièges en métal, des couteaux et des haches.

Malgré ces innovations positives, l'apparition de plusieurs maladies, auxquelles leur système immunitaire était vulnérable, fait beaucoup de ravage dans la population autochtone. L'arrivée de l'alcool vient ensuite contribuer davantage à détériorer leur vie sociale et familiale.

La signature du Traité de Paris en 1763, à la suite de la conquête anglaise, redonne les droits terrestres aux Amérindiens... sur les terres où il n'y a pas de colonisation.

Catholicisation forcée

À partir de 1836, les habitants des lacs Abitibi et Témiscamingue côtoient annuellement les missionnaires qui établissent des missions dans leurs lieux de rencontre estivale. Le but premier des missionnaires est d'évangéliser les Amérindiens qui sont, pour eux, des êtres sans âmes.

En 1850, le recensement effectué par les Oblats du lac Abitibi oblige les Amérindiens à changer leur nom pour faciliter la compilation des données. Les missionnaires instaurent la notion de journée et de calendrier dans la vie des Autochtones.

Les missionnaires ébranlent les fondements de la spiritualité amérindienne en délogeant les chamanes qui tenaient un rôle important au sein des communautés. Plus tard, les missionnaires Oblats seront à la tête du Pensionnat de Saint-Marc-de-Figuery.

Avant Timiskaming First Nation : la réserve de Nédelec

En 1853, le gouvernement du Canada-Uni fonde la première « réserve des sauvages » au Timiskaming. Elle est située dans le canton de Nédelec et elle couvre une grande superficie. Petit à petit, ces terres sont enlevées aux Autochtones, confinant les habitants dans la réserve de Timiskaming First Nation près de Notre-Dame-du-Nord. Plusieurs documents disponibles chez BAnQ relatent cet événement. Sébastien Tessier reviendra en détail sur cette page d'histoire lors de sa prochaine chronique à l'émission Des matins en or.

D'après la chronique de Sébastien Tessier

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