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Hockey : Est-il sécuritaire de voyager en autobus?

L'accident de l'autobus qui transportait une équipe de jeunes joueurs de hockey du Nunavik, survenu hier dans Portneuf, soulève des enjeux de sécurité, en plus de raviver des souvenirs douloureux pour la communauté d'Amos, qui se souvient avoir vécu des événements similaires en 1995. Mais voyager en autobus en groupe est-il sécuritaire?

Un article d'Émilie Parent-Bouchard

Le 5 février 1995, les Cascades d'Amos, une équipe Atome BB, revient d'un tournoi de hockey à Magog alors qu'il fait tempête. Dans le secteur de Granby, au moment où le chauffeur traverse une zone exposée au vent sur l'autoroute 10, un poids lourd tente un dépassement « téméraire », se souvient Gilles Beaumier, qui était à l'époque l'entraîneur des joueurs âgés d'une dizaine d'années. Il accroche une minifourgonnette et fait un tête-à-queue. Malgré les manoeuvres du chauffeur pour éviter le pire, la partie arrière de l'autobus est arrachée dans une collision avec la remorque du poids lourd.

« On était toute l'équipe au complet, presque tous les parents des joueurs. Tout le monde qui était en arrière ont été vraiment affectés. [L'autobus] a comme tout ouvert et il y en a qui ont été vraiment blessés sérieusement. Mon ami Denis Meilleur, qui était juste à côté de moi, est décédé », explique celui qui se rappelle avoir changé de place avec Meilleur, quelques secondes avant l'impact.

Voyager en autobus malgré tout

Malgré les mauvais souvenirs, l'équipe participe au même tournoi l'année suivante. Ses représentants, dont cinq parents avaient vécu l'accident, sont accueillis de manière touchante par l'organisation.

Celui qui est par la suite devenu gérant des Forestiers d'Amos se souvient d'avoir sursauté pendant plusieurs années chaque fois qu'un autobus freinait brusquement. Il demeure cependant convaincu que ce n'est pas le transport par autobus qui était à blâmer dans l'accident mortel de 1995 et croit fermement qu'il s'agit de la meilleure façon de voyager.

Sécuritaire, le transport par autobus?

Le président de Hockey Abitibi-Témiscamingue, Christian Labbé, explique que l'association encourage les équipes à privilégier l'autobus pour les longues distances. Il calcule que chaque équipe de la région participe en moyenne à un ou deux tournois à l'extérieur de la région chaque année. Les équipes élites jouent quant à elles deux fois par mois en-dehors de l'Abitibi-Témiscamingue. 

« Avec les températures hivernales qu'on connaît, surtout ces temps-ci où c'est très changeant, assurément qu'on va [inviter] les gens à prendre l'autobus pour aller dans les tournois à l'extérieur de la région, explique celui qui calcule qu'environ 300 déplacements sont ainsi réalisés chaque saison. Par sécurité, mais aussi pour profiter de conducteurs ayant une expérience, des conducteurs aguerris, pour amener les gens à bon port en toute sécurité. »

Interrogé sur la question du port non obligatoire de la ceinture de sécurité, le président d'Autobus Maheux, Pierre Maheux, souligne pour sa part que certains concepteurs d'autocars intègrent maintenant ce dispositif dans les nouveaux modèles. Il resterait cependant beaucoup de prévention à faire pour convaincre les passagers de la porter, selon lui. En ce qui concerne les autobus scolaires, il mentionne que tout est réfléchi en fonction de la sécurité des enfants.

« La construction d'un autobus scolaire au Canada est justement [pensée] de façon à ce que ce soit le plus sécuritaire possible, explique-t-il. La construction du dossier, conçu de façon à non pas être raide, mais plutôt flexible, rembourré des deux côtés, [avec des] longeons de protection dans les côtés, etc. Le véhicule est conçu pour faire plusieurs tonneaux sans que le toit s'écrase.

Et les assurances?

Le transporteur ajoute que la loi oblige les transporteurs à se munir de polices d'assurance multiples. Les équipes de hockey, comme toute autre personne qui loue un autobus, n'ont donc pas à faire de démarches supplémentaires en ce sens, et ce, même pour les voyages à l'extérieur du pays.

« Pour avoir un permis, il faut [avoir] la preuve d'assurance. C'est déjà tout inclus chez un transporteur reconnu avec son numéro de permis. Vous n'avez pas besoin d'assurance supplémentaire, parce que c'est déjà tout couvert, assure-t-il. Les blessures corporelles sont couvertes par le régime de la Société d'assurance [automobile du Québec], comme si vous étiez dans votre véhicule. On a des assurances responsabilité de plusieurs millions [de dollars] si jamais un accident où il est question de responsabilité et non pas d'accident automobile survient, y compris lorsque vous franchissez les frontières du pays. »

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