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Hommage à l'artiste de Palmarolle, Louisa Nicol, au Centre d'exposition d'Amos

L'artiste en arts visuels de Palmarolle Louisa Nicol célèbre cette année 50 ans de carrière. Le Centre d'exposition d'Amos lui rend hommage à travers l'ode au dessin « Signé Louisa Nicol », une rare occasion de plonger dans les archives de celle qui aura notamment été la « main du peintre » pour plusieurs émissions télévisuelles de Radio-Canada.

Un texte d'Émilie Parent-Bouchard d'après une entrevue Félix B. Desfossés

Louisa Nicol est une illustratrice de talent qui a vécu le passage du noir et blanc à la couleur, mais qui a vécu sa vie professionnelle sur toutes les teintes du cercle chromatique.

« J'avoue que je n'ai jamais songé à faire autre chose », lance d'emblée l'illustratrice lorsqu'on l'interroge sur son éveil aux arts visuels. « Même enfant, je dessinais des animaux, je dessinais des fleurs, je faisais même des portraits à l'école. »

La jeune Louisa Nicol dessine même le dirigeant cubain Fidel Castro en 1952. Son enseignante, une religieuse qui met la main sur le portrait du Lider Maximo, punit le geste. Si elle veut continuer à dessiner en classe, Louisa Nicol devra dessiner tous ses amis de classe!

Le pensionnat d'Amos

En jeune âge, Louisa Nicol s'initie aussi à la gouache. Son quotidien et ce qui l'entoure prennent vie au bout de son pinceau. Elle trouve au pensionnat d'Amos, qui est doté d'infrastructures pour stimuler l'éveil artistique, une source de motivation pour poursuivre des études supérieures dans les Beaux-Arts.

« Il y avait même un grand atelier d'arts à Amos en haut de l'École normale des filles, se souvient Mme Nicol. J'étais dans cet atelier-là et bien souvent on discutait, il y en avait qui voulaient aller aux Beaux-arts, donc on en [parlait]. Pour moi, c'était tout naturel de faire les Beaux-arts. J'ai soumis ma candidature à Montréal et à Québec. La première réponse que j'ai eue, c'est celle de Québec qui était positive. Donc, j'ai dit, je ne prends pas de chance, je vais à Québec! »

Le goût de l'illustration se développe aux Beaux-Arts

Au fil de son parcours universitaire, Louisa Nicol se spécialise en illustration. « J'ai fait de la gravure à l'eau-forte pour faire mes illustrations, j'ai fait du crayon de couleur, du pastel, beaucoup de croquis modèles vivants aussi, énumère-t-elle. C'est une discipline que j'aimais beaucoup le croquis modèle vivant. D'autres finissaient en peinture, en sculpture, mais mon intérêt [était] vers [le dessin]. »

Louisa Nicol obtient son diplôme en 1967, au moment où le Québec s'ouvre au monde avec l'Exposition universelle qui se tient à Montréal. Elle profite un moment de l'effervescence culturelle dans la capitale — « il y avait beaucoup de galeries d'art sur la rue de la Montagne, à Québec », se souvient-elle. Elle déménage ensuite à Montréal, où elle est embauchée en août par le département des arts graphiques de Radio-Canada, où elle demeurera jusqu'en 1983.

Du noir et blanc à la couleur

Radio-Canada ayant débuté à diffuser certaines émissions en couleurs à partir de 1966, Louisa Nicol doit conjuguer avec cette période de transition technologique. À l'époque, le téléviseur couleur a fait son entrée dans les foyers, mais la technologie n'est pas encore largement répandue.

À Radio-Canada, avant et après certaines émissions, un papillon ouvre ses ailes multicolores. Cette animation graphique créée par Hubert Tison marque une nouvelle ère dans les communications au Canada. Mais les graphistes de la société d'État doivent adapter leurs oeuvres de manière à accompagner ce changement technologique.

« Lorsqu'on utilisait la couleur, il fallait penser à ceux qui avaient des téléviseurs noir et blanc parce que le rouge et le vert font le même gris, le même noir, explique-t-elle. Donc, si on avait des formes différentes, il fallait que l'on distingue les formes que l'on faisait. »

La main du peintre

Autrement, elle signe plusieurs centaines d'ouvertures d'émissions et des illustrations pour les émissions pour enfants. Femme d'aujourd'hui, Le Donald Lautrec Chaud et Fleur d'amour, avec Tony Roman et Nanette Workman, font partie des émissions dans lesquelles ont retrouvera sa participation.

« Tout ce qu'on faisait, c'était avec du matériel. Beaucoup, beaucoup de matériel. Du carton, du papier, de la colle. Les vaporisateurs commençaient. Quelques années avant, l'acrylique était sortie. Avant ça, c'était de l'huile qu'on apprenait à l'école des Beaux-arts », indique-t-elle pour témoigner de la manière dont le métier se pratiquait à l'époque, à des lieues des technologies à la disposition des créateurs multimédias d'aujourd'hui.

Nicol signe aussi plusieurs oeuvres pour servir le scénario de différentes émissions. Ce rôle est celui de la main du peintre.

« Il y avait, disons, Yves Desgagnés dans Montréal P.Q, où il jouait le rôle d'un peintre. Donc, c'était moi qui faisait toutes les étapes de ses tableaux. Si il faisait un tableau avec un cheval, je faisais l'ébauche du cheval, ensuite l'étape à demi du même cheval, donc trois ou quatre tableaux différents pour ne pas que l'équipe de tournage attende après moi, se souvient-elle. Ce sont des [oeuvres] comme ça que j'expose à Amos. »

Rencontre avec le public

L'exposition Signé Louisa Nicol est présentée au Centre d'exposition d'Amos jusqu'au 27 août. Le public pourra d'ailleurs profiter d'une rencontre avec l'artiste Louisa Nicol le dimanche 13 août à 13 h... et, qui sait, avoir la chance de la voir à l'oeuvre!

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