Retour

Hôpitaux de Winnipeg : une offre en français pas très active

La mort d'une patiente à l'Hôpital général Victoria, que la famille attribue à la barrière de la langue, est l'occasion de faire le point sur l'offre active de services en français au sein de l'Office régional de la santé de Winnipeg.

Un texte de  Barbara Gorrand

Le cri du coeur de Jessika Sévigny-Mailhot suite au décès de sa mère, en mars dernier, relance le débat sur les services en français dans les hôpitaux de Winnipeg.

Cette affaire pousse à s'interroger sur la réalité de l'offre active au sein de l'Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW).

Martin Normand, chercheur spécialisé en politiques publiques à l'Université d'Ottawa et à l'Institut du savoir Montfort, rappelle que l'offre active, c'est « l'obligation pour les institutions gouvernementales d'offrir des services dans la langue de la minorité, sans que le client ait besoin d'en faire la demande ».

« Il s'agit de s'assurer que les services sont disponibles et de qualité équivalente, en français et en anglais », résume-t-il.

Quelle est la réalité à Winnipeg?

Joel Lafond, le directeur régional des services en langue française de l'Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW), explique que les secteurs de Saint-Boniface, Saint-Vital et Saint-Norbert sont désignés bilingues. « Dans ces zones, dit-il, les services de santé doivent avoir la capacité d'offrir des services dans les deux langues. Nous avons, pour l'ensemble de l'ORSW, 850 postes désignés bilingues. »

En dépit de la présence de personnel qui connaît les deux langues, il est encore parfois difficile de se voir offrir des services de santé en français. Joel Lafond reconnaît que des améliorations sont nécessaires.

Méconnaissance du concept d'offre active, difficultés de recrutement, mauvaise organisation interne, les freins sont nombreux. L'ORSW a ainsi 2250 autres employés bilingues qui ne sont pas affectés à des postes désignés comme tels.

Signalez-vous

Joel Lafond invite donc les patients francophones à informer son service qu'ils ont un rendez-vous médical pour qu'un suivi linguistique puisse être assuré.

« S’ils s’identifient comme francophones, qu'ils ont un rendez-vous pour des services en français, ils peuvent absolument nous contacter pour qu’on s’assure que le client ait des services en français en tout temps », dit-il.

En dernier recours, l'interprétation

L'ORSW dispose également d'un service d'interprétation gratuit.

Armelle Alhéritière, interprète de l'anglais au français, a suivi la formation de l'ORSW.

« Ce service est à disposition des professionnels de santé, infirmières, médecins, travailleurs sociaux, psychologues... Ce sont eux qui contactent le service, précise-t-elle. Ce qui ne doit pas empêcher les patients de demander à leur médecin de faire appel à un interprète. C'est toujours plus efficace que de compter sur un proche qui n'est pas familier avec la terminologie médicale. »

Les interprètes offrent un accompagnement physique dans 31 langues, y compris la langue des signes. Et jusqu'à 200 langues par téléphone.

Plus d'articles