Retour

Il faut une plus grande autonomie politique des Premiers Peuples, martèle un chercheur

Le professeur à l'Université d'Ottawa, Jean-Paul Lacasse, croit qu'une plus grande autonomie gouvernementale des Premiers Peuples permettrait de perpétuer les ordres juridiques traditionnels.

Un texte de Thomas Deshaies

C'est ce qu'il a déclaré, vendredi, lors de son témoignage devant la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics.

À l'instar de plusieurs universitaires qui ont aussi témoigné dans les dernières semaines, Jean-Paul Lacasse a démontré l'existence d'un système juridique autochtone avant la colonisation.

M. Lacasse dispense un cours sur l'ordre juridique innu et a donc présenté les faits saillants de son plan de cours, tout en martelant l'importance pour les étudiants en droit de s'intéresser au droit autochtone.

Le professeur a démontré l'importance du rôle des aînés. « La parole des aînés est considérée comme une source de connaissance et source du droit, d'une certaine manière », a-t-il mentionné lors de son témoignage. Ils sont donc les dépositaires de l'ordre juridique qui se transmet de génération en génération, a-t-il ajouté.

Une plus grande autonomie politique

Jean-Paul Lacasse a souligné quelques différences entre l'ordre juridique traditionnel innu et l'ordre juridique du colonisateur, comme l'inexistence de la propriété privée, la gouvernance par consensus et le règlement de conflits dans une logique réparatrice. « La règle du partage, c'est à la base du système d'exploitation des ressources », a-t-il notamment affirmé.

Selon le professeur, il faut permettre une plus grande autonomie gouvernementale des Premiers Peuples. Donc, qu'ils puissent avoir leur propre gouvernement, avec de réels pouvoirs et que leurs lois priment sur les lois québécoises et canadiennes, dans certains secteurs, a-t-il déclaré. De cette manière, ils seraient selon lui, davantage en mesure de perpétuer l'ordre juridique traditionnel.

Jean-Paul-Lacasse insiste particulièrement sur une plus grande autonomie des Premiers Peuples concernant la gestion des ressources naturelles et le système de justice. « Le système de justice (québécois) est contradictoire, ne marche pas avec les innus, mais ils sont pris avec cela », a-t-il déclaré.

Plus d'articles