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Il y a 50 ans, le chef de la police de Rouyn était congédié

Il y a 50 ans, Rouyn-Noranda a connu un été plutôt rocambolesque! Nommé dans la controverse quelques mois avant le début de l'été, le nouveau chef de police Aryl Picard en a vu de toutes les couleurs au cours de l'été 1967. Voyage au pays des faits divers d'une autre époque avec l'archiviste et historien de Bibliothèque et Archives nationales du Québec/Rouyn-Noranda (BAnQ/Rouyn-Noranda).

D'après une chronique de Sébastien Tessier

8 février 1967 : la voiture du chef de police de Rouyn-Noranda est criblée de balles, en plein jour, à un jet de pierre du poste de police alors situé dans le même bâtiment que l'Hôtel de Ville. Au même moment, le constable Claude Giroux est congédié par le conseil municipal pour conduite incompatible avec son rang de policier.

La rumeur à l’effet que Giroux aurait déchargé son arme sur la voiture de son supérieur se répand en ville comme une traînée de poudre, même si la chose est physiquement impossible puisque Giroux, qui fait face à l'assemblée des conseillers municipaux, a un alibi béton.

L'affaire Pierre Rochon

Une autre rumeur commence alors à circuler : le chef de police en fonction, Pierre Rochon, aurait lui-même tiré sur sa voiture. Rochon est alors considéré comme un drôle de pistolet. On le soupçonne d'assurer avec sa femme la gérance de l'hôtel Alouette en l'absence de son propriétaire. Sa réputation laisse à désirer à Rouyn-Noranda. On lui reproche de dormir sur ses lauriers, de passer plus de temps en vacances à Montréal et à l'Alouette qu'au poste de police. Un de ses collègues de travail affirme que c'est aussi un homme au tempérament colérique.

Quelques semaines après les événements, soit le 22 février, La Frontière révèle cependant le fond de l'histoire de la voiture criblée de balles. Deux adolescents en état d'ébriété reconnaissent avoir tiré sur la voiture du chef de police avec une carabine de calibre .22 pour rigoler après un match de quilles à la salle Olympia.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Le 11 mars 1967, alors qu'il est à l'Hôtel Henri dans un état d'ébriété avancé, le chef Pierre Rochon explose. Il brandit son fusil et tire dans la caisse enregistreuse. Les quelque 125 présentes au bar pourront témoigner de cet événement qui mène à la destitution du chef de police. Pierre Rochon est congédié dans les jours qui suivent, à l'issue d'une réunion spéciale du conseil municipal.

C’est dans ce contexte qu’Aryl Picard, âgé de 34 ans, est embauché à titre de nouveau chef de police. Et un été chaud se dessine alors à Rouyn.

Un été bien rempli

Selon des découpures de presse issues du journal La Frontière, le solstice d'été est à peine franchi que Rouyn est plongée dans une guerre des hôtels « à go-go », qui rivalisent d'imagination pour attirer la clientèle. Les policiers tentent de s'imposer pour faire régner la loi et l'ordre dans le monde interlope des effeuilleuses. Cookie, la « go-go » de l'hôtel George, est arrêtée et condamnée à une amende de 50 dollars. Un mandat d'arrestation est aussi émis à l'endroit de sa rivale de l'Hôtel Alouette... celui-là même où l'on accusait l'ancien chef de police de passer beaucoup de son temps.

Poursuite policière...

Le mois de juillet ne commence guère mieux. Émilien Tessier et les frères Frank et Robert Cousineau mettent la police de la région sur les dents. Âgés respectivement de 24, 23 et 19 ans, les trois complices donnent lieu à l’une des plus importantes opérations policières des années 1960 à Rouyn-Noranda et au Témiscamingue. Tous les éléments d'un scénario de film y sont : vol d’auto, poursuite, coup de feu, cagoule, recherches intenses, déploiement de la force policière, civile et militaire, capture des fugitifs et incarcération.

L’histoire commence au petit matin, le jeudi 6 juillet. Vers 5 h un Buick 1964 est volé. Repérés par la police, les voleurs prennent la fuite vers le Témiscamingue, ce qui donne lieu à une dangereuse poursuite jusque dans des chemins forestiers avoisinant Guérin. Pris dans une impasse, les fugitifs tirent un coup de calibre .12 dans le parebrise de la voiture de police avant de prendre la fuite dans les bois.

...et chasse à l'homme

Ce sont 15 voitures de patrouille, des gardes de chasse, un Otter de l’aviation canadienne venu spécialement de Toronto et une partie de la population locale qui seront alors mobilisés pour participer aux recherches.

Émilien Tessier est le premier à être capturé, à 23 h, alors qu’il sort du bois dans le secteur Nédelec pour faire du pouce en bordure de la route. Le lendemain, la police intercepte Robert Cousineau vers 18 h et son frère Frank vers 22 h, tous deux près du village de Roulier, soit à plus de 30 kilomètres de leur point de départ!

La fin du mois de juillet ne sera pas non plus de tout repos à en croire le journal La Frontière, qui rapporte d'autres histoires comme celle de deux jeunes garçons qui ont commis une vingtaine de vols et tentent d'agresser une fillette de 5 ans et son frère de 3 ans, celle d'un visiteur de Saskatoon qui envoie une effeuilleuse de l'hôtel Henri à l'hôpital, ou encore celle de trois cagoulards armés qui dérobent 950 dollars à l’Hôtel Albert pendant que le film Au secours! des Beatles prend l’affiche au Théâtre Rouyn!

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