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Incendie Ville-Marie: Bernard Flébus interpelle la Croix-Rouge et le CISSS

Le conseil de ville de Ville-Marie, au Témiscamingue, a débattu lundi soir de l'incendie de vendredi dernier qui a ravagé un immeuble à logements. La ville se questionne surtout sur l'absence de prise en charge des 16 personnes jetées à la rue en pleine nuit.

Avec les informations de Boualem Hadjouti

Le maire Bernard Flébus, qui a salué le travaille des conseillers de la ville et des citoyens lors de cette catastrophe, compte d'abord interpeller la Croix-Rouge canadienne.

« On s'adresse à la Croix-Rouge canadienne. Est-ce que le fait d'être dans une région éloignée, on a plus de difficultés à avoir le service? Parce que je sais que nos gens ici sont sollicités financièrement », souligne-t-il. 

La Croix-Rouge canadienne réagit aux critiques

L'organisme a pu dépêcher une bénévole sur place seulement le lendemain de l'incendie et non pas pendant la nuit.

L'organisation explique que sa bénévole de garde, dans le secteur de Ville-Marie, est aussi intervenante d'urgence. La directrice de la gestion des urgences pour la Croix-Rouge canadienne au Québec, Claudie Laberge, assure que vers 8 h, les sinistrés ont été rencontrés.

« On a quelques intervenants d'urgence au Québec qui font partie de nos équipes de bénévoles et c'est très rare qu'ils aient à intervenir dans leur rôle d'intervenant d'urgence municipal, comme pompier, et en même temps comme bénévole Croix-Rouge. C'est exceptionnel dans ce cas-là. Donc, la pompière était vraiment au courant de la situation et dès qu'elle a pu se libérer, elle est allée rencontrer les personnes sinistrées », a-t-elle expliqué.

Au courant de la nuit, la Croix-Rouge a toutefois fait des démarches téléphoniques et trouvé un motel pour héberger les sinistrés. La Croix-Rouge canadienne lance par ailleurs un appel pour recruter plus des bénévoles pour faire face à ce type de situation.

Rôle du CISSS?

Le conseil a également discuté du rôle que devait jouer l'hôpital de Ville-Marie la nuit de l'incendie. D'ailleurs, le maire va envoyer une lettre au ministre de la Santé Gaétan Barrette à ce sujet.

« On n'a pas encore eu de feed-back de notre centre de santé. En pleine nuit, on a des gens de la ville qui sont allés à cet endroit-là et qui se sont fait retourner. On leur a dit « on va avoir quelqu'un à 8 h ou à 9  le lendemain ». Mais l'incendie, à 2h36, les gens étaient à la rue. Qu'est-ce qu'on fait? C'est une clientèle vulnérable, des gens sous médication, qui se sont retrouvés à moitié nus, dans la rue. Ma question: y'a-t-il un pilote dans l'avion? On interpelle le système de santé », se questionne Bernard Flébus.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Abitibi-Témiscamingue invite le maire Flébus à réviser son plan de mesures d'urgence. Selon le président- directeur général, Jacques Boisonneault, il est de la responsabilité de la ville de coordonner ce type d'opérations. Une demande a bel et bien été formulée à l'infirmière de garde de l'hôpital, mais pour venir chercher des évacués.

« Ce n'est pas normal que ce soit l'agente administrative qui a eu à gérer ça toute la nuit, et normalement, on se serait attendu à une coordination de leur part [la Ville], qui n'est jamais venue. Donc, oui, la Croix-Rouge, mais il y a un bout où les citoyens auraient été hébergés au chaud beaucoup plus rapidement, si au niveau de la sécurité civile on avait été mieux organisé », considère-t-il. 

Jacques Boissonneault concède par contre qu'une cellule d'urgence psychosociale aurait pu être mise en place plus rapidement au cours de la nuit.

Par ailleurs, la Ville de Ville-Marie avise la population que son garage municipal déborde de dons reçus, à la suite de l'élan de générosité envers les sinistrés.

La cueillette a donc été suspendue, le temps de la mise sur pied d'un comité, qui va évaluer les besoins de chacune des personnes victimes de l'incendie.

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