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Incident à la mine Westwood : la CNESST blâme Iamgold

La compagnie minière Iamgold est blâmée pour l'effondrement survenu à la mine Westwood, en Abitibi, le 26 mai dernier. La Commission des normes, de l'équité de la santé et de la sécurité du travail, la CNESST, qui rendait aujourd'hui public son rapport sur l'incident retient quatre causes principales pour expliquer l'effondrement qui a retenu 9 mineurs sous terre pendant plus de quinze heures, et laisse entendre qu'il aurait pu être prévenu. La direction de la mine Westwood est pour sa part en désaccord avec ces conclusions.

Avec les informations d'Angie Landry

Iamgold aurait dû être plus vigilante selon la CNESST

L'utilisation de plans et devis conçus avec des données incomplètes aurait entraîné des effondrements de terrain, causant une série d'effondrements. Neuf mineurs étaient alors restés coincés sous terre pendant plus de quinze heures.

Selon l'inspecteur Sylvain Ferrante, la compagnie Iamgold aurait dû être plus vigilante puisque des effondrements s'étaient auparavant produits en août 2013 et janvier 2015, fragilisant les structures.

« Lors des deux premiers événements, il y a des causes qui ont été retenues par les experts. On réalise que ce n'était pas les bonnes causes, souligne M. Ferrante. Mais à l'époque il y a des causes qui ont été retenues, et il y a des recommandations qui ont été faites à la minière qui s'est pliée à ces recommandations également, entre autres [on parle] de voies de contournement [qui] ont été excavées pour éviter de fragiliser davantage les accès. Sauf que la problématique, c'est que la cause fondamentale n'avait pas été déterminée à ce moment-là. »

Iamgold n'est pas entièrement d'accord

La direction d'Iamgold n'est pas d'accord avec l'ensemble des conclusions du rapport de la CNESST. Le directeur général de la mine Westwood, Sylvain Lehoux, a expliqué que la direction poursuit actuellement l'analyse du document avant de se prononcer sur la suite des choses. « Les spécialistes ont déterminé qu'il n'y a pas personne qui aurait pu trouver les moyens d'éviter cet événement déplorable », plaide M. Lehoux.

Le syndicat satisfait du rapport

Le syndicat des Métallos est satisfait du rapport, qu'il qualifie « d'accablant ». Pour le représentant syndical Benoit Locas, ce document doit servir de signal d'alarme. « Ce n'est pas juste la mine Westwood. Ça donne le signal partout justement dans le secteur minier : c'est sérieux la sécurité », soutient-il.

Le rapport sera d'ailleurs transmis aux associations qui représentent l'industrie, ainsi qu'aux centres de formation.

Quant à Iamgold, elle dispose de 30 jours pour enregistrer ou non un plaidoyer de culpabilité. Elle s'expose à une amende qui peut varier de 16 000 à plus de 160 000 $.

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