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Inclusion des identités et orientations sexuelles : du progrès, mais encore du travail à faire en Abitibi-Témiscamingue

La 10e édition du festival Fierté Montréal est lancée aujourd'hui. Des membres de la communauté lesbienne, gaie, bisexuelle et transgenre (LGBT) se rendront à Montréal pour y participer. C'était l'occasion de discuter de la participation de la communauté LGBT de la région à l'événement, mais aussi de dresser un portrait de la situation des droits des personnes LGBT, notamment dans leurs milieux de travail.

La coalition pourrait participer l'an prochain

Sur les ondes du Radio-Magazine, Cathy Gélinas, présidente de la Coalition d'aide aux lesbiennes, gais et bisexuel(le)s de l'Abitibi-Témiscamingue a souligné que « de plus en plus de personnes participent [au festival Fierté Montréal], ce qui est positif parce qu'on offre une visibilité beaucoup plus grande aux personnes LGBT à travers le pays avec cet événement-là. »

D'ailleurs, la coalition pourrait « probablement prendre part aux festivités l'an prochain. On envoie un de nos membres en éclaireur cette année pour voir comment ça fonctionne. »

L'organisation pourrait notamment y tenir un kiosque lors de la journée communautaire, participer au défilé et organiser un autobus afin qu'un plus grand nombre de personnes de la région puissent s'y rendre.

Des progrès en 2016 ?

Justin Trudeau, premier ministre du Canada, participera au défilé de la fierté gaie cette semaine à Montréal, comme il a participé aux défilés de Toronto et Vancouver. Interrogée à ce sujet, Cathy Gélinas a insisté sur le fait « que notre premier ministre prenne la parole, prenne position en faveur des droits des personnes LGBT, c'est majeur. Ça envoie un message clair aux autres pays comme quoi on est un pays inclusif et je crois que ça envoie un message aux citoyens du Canada à avoir plus d'ouverture. »

En 2016, la population en général a « plus d'ouverture, je préfère prendre le mot ouverture parce que oui, il était un temps où on travaillait à ce qu'il y ait une tolérance envers les gens LGBT, maintenant on parle davantage d'inclusion. « Tolérance » ramène davantage à une [définition] où on accepte de côtoyer une personne », nuance Mme Gélinas.

S'affirmer dans son milieu de travail, pas si simple

Malgré ces progrès ainsi que les prises de positions du premier ministre, il reste encore du travail à faire sur le terrain, notamment dans les milieux professionnels. Une étude dévoilée par La Presse lundi matin révélait que 55 % des personnes homosexuelles craignent de révéler leur orientation ou leur identité sexuelle au travail.

Une proportion qui ne surprend pas Cathy Gélinas. « D'une part, il y a des gens qui font simplement le choix de ne pas en parler parce que, pour eux, mélanger travail et vie personnelle, c'est quelque chose qui ne leur convient pas. C'est un choix personnel, explique-t-elle. Mais pour plusieurs [autres] personnes, ce qu'on constate, c'est que c'est souvent la peur d'être victime de commentaires, de blagues au travail, de ne pas mériter un poste. Par exemple, s'il y a une ouverture de poste, mais qu'une personne est en transition, elle va devoir s'absenter un temps du travail pour une chirurgie et donc ne pourrait pas avoir accès à un poste. »

Cette dernière situation a déjà été observée en Abitibi-Témiscamingue par le passé, note la présidente de la CALGBAT. Mais elle souligne qu'il y a aussi de belles histoires vécues par les gens LGBT en milieu professionnel en Abitibi-Témiscamingue.

« C'est à l'avantage de tous d'avoir un milieu inclusif, pour l'employé qui va être bien au travail, qui va être beaucoup plus productif, autant que pour l'employeur », renchérit Mme Gélinas. La coalition peut d'ailleurs accompagner des travailleurs dans des démarches afin d'améliorer un milieu professionnel.

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