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Incursion printanière dans les ruchers d'abeilles de la Grande Ourse

L'hiver a été long cette année. Malgré le mois de mai qui s'amorce, c'est avec les raquettes aux pieds que l'apiculteur David Ouellet, de la Miellerie de La Grande Ourse de St-Marc-de-Figuery, a fait une première inspection de certains de ses ruchers cette semaine. L'animateur de Des matins en or, David Chabot, l'a accompagné dans sa tournée d'inspection printanière des ruchers.

Un récit de David Chabot

Le constat préliminaire laisse présager des pertes beaucoup plus importantes cette année. Jusqu’à présent, la population d’au moins 40 % de ses ruches n’a pas survécu à la saison froide.

Je me suis quand même intéressé à ce rituel auquel les apiculteurs se prêtent chaque année et j’ai accompagné David dans cette première inspection.

Je vous invite tout de suite à monter à bord de sa grosse camionnette de couleur rouge vin pour la visite des ruches.

Arrivé à la Miellerie, David m’amène à un premier rucher. « On est au rucher Nolet, à St-Marc-de-Figuery, dit-il. C’est un des 15 ruchers de la Miellerie de la Grande Ourse. On a hiverné 350 ruches. Dépendamment des années, des fois, on hiverne entre 350 et 400 ruches, toutes en régie biologique », explique-t-il.

« Ce rucher-là, c’est un beau petit rucher qui est vraiment à l’abri des vents, c’est un beau site pour hiverner. Mais cette année, je ne suis pas sûr de l’hivernement, on va voir de ce que ça a l’air. J’ai hâte de voir, je suis un peu stressé », avoue David Ouellet.

Sortir de leur cachette

Après avoir passé l’hiver sous la neige, les abeilles ont bien hâte de sortir de leur cachette. « Les abeilles, à partir de 10-12 degrés, peuvent se permettre de commencer à sortir. Elles vont sortir de la ruche et vont chercher de la nourriture. À partir de 14-15 degrés, le pollen va rentrer, elles vont aller gratter les arbres et sur les bourgeons des arbres, vont aller trouver du pollen », explique l’apiculteur.

« Aussitôt que le pollen commence, c’est là que l’action commence. La reine dit "ok, on a de la bouffe, on a les protéines pour décoller", et là, elle commence à pondre. Elle a probablement pondu un peu dans les dernières semaines, mais pas énormément », nuance-t-il.

Après l’ouverture de quelques ruches dans les derniers jours, le constat n’est pas idéal.

« On a ouvert quelques ruches déjà à la fin de la semaine passée. Ce n'est pas super beau, ce n’est pas mon plus bel hivernement. L’hiver a été froid, mais en même temps, il y avait un bon couvert de neige. Mon instinct me disait que l’hivernement ne serait pas si pire, mais c’est sa longueur. Il a commencé à neiger en octobre, après il a fait froid, et là, il y a encore de la neige. À ce temps-ci qu’il y ait encore de la neige, je n’avais jamais vu ça », raconte-t-il.

Le vol

La première chose que David Ouellet regarde en arrivant sur le site, c’est le vol. « Je regarde si ça vole en avant de chaque ruche en arrivant. On voit si les abeilles volent et la façon dont les abeilles volent. On peut penser qu’une ruche est vivante si on voit des abeilles entrer et sortir, mais ça peut être des pilleuses. »

Quelques jours après mon passage, les pertes étaient maintenant estimées à 40 %.

« Cette année, ça s’aligne pour être un hivernement assez catastrophique, estime David Ouellet. On n’avait pas accès à toutes les ruches, plusieurs ruches sont encore dessous la neige, mais dans les ruches auxquelles j’avais accès, il y avait beaucoup de mortalité. Les abeilles ont eu de la misère à passer l’hiver cette année. »

Un deuxième rucher plus vivant

Au rucher Gagnon, les ruches sont plus facilement accessibles, puisqu’elles ne sont pas toutes ensevelies sous la neige, contrairement au rucher Nolet. « On va être capable d’avoir une meilleure idée du taux de survie des abeilles. C’est la première fois que j’essaie d’hiverner des abeilles ici, c’est un nouveau site », raconte David Ouellet.

« Ici, dit-il, on a une super belle ruche qui est très bien peuplée. Il y a à peu près 80 % de l’espace de la ruche qui est utilisé. Il y a au moins 10 à 15 000 abeilles là-dedans. C’est une ruche qui va réussir à produire cette année, qui va bien se développer et qui va créer, aussi, ce qu’on appelle des nucléis. »

En plus de produire son miel, la Grande Ourse vend ses ruches à d’autres apiculteurs de la région. « On va faire des "ruchettes", c’est-à-dire qu’on vend des ruches à d’autres apiculteurs. On donne des formations, on "part" des nouveaux apiculteurs. On vend aussi des ruches aux apiculteurs, donc quand on a une année qui va avoir des bonnes pertes, comme on s’attend cette année, ça va faire une année où on va avoir plus de difficultés à faire des nucléis, sinon on va trop diminuer la quantité d’abeilles des ruches », explique l'apiculteur.

« C’est important de diminuer un peu la quantité d’abeilles des ruches, pour les empêcher d’essaimer, pour ne pas qu’elles soient trop prises dans l’espace, croit David Ouellet. Sauf qu’un moment donné, on ne peut pas trop en prendre non plus. Si on finit par trop prendre d’abeilles, on ampute la récolte de miel. Elles vont faire moins de miel, parce qu’il y a moins de butineuses au travail », dit-il.

Retour à la miellerie

Sur le chemin du retour, l’apiculteur est songeur. Le taux de mortalité des ruches est beaucoup plus élevé cette année. « L’hiver a été vraiment tough pour les abeilles de La Grande Ourse », me lance-t-il.

Des abeilles mortes seront prélevées et envoyées en laboratoire afin de tenter de mieux comprendre les causes de ces mortalités. Malgré tout, David reste optimiste. Le pollen vient de commencer à rentrer dans les ruches.

La saison 2018 peut enfin commencer.

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