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Infarctus : l'Abitibi-Témiscamingue avant-dernière pour la vitesse d'intervention au Québec

Un rapport publié l'Institut National d'Excellence en Santé et en Service sociaux (INESSS) stipule qu'en moyenne, les infarctus sont traités 38 minutes après l'arrivée du patient à l'hôpital en Abitibi-Témiscamingue. Pour être optimaux, les traitements pour une crise cardiaque devraient plutôt être administrés au maximum 32 minutes suivant l'admission à l'hôpital. Avec un temps de réaction de 38 minutes, l'Abitibi-Témiscamingue serait la deuxième pour ce qui est des régions les plus lentes à intervenir au Québec, tout juste devant la Gaspésie.

Selon la directrice des services de santé et de l'évaluation des technologies à l'INESSS, Michelle De Guise, il faut éviter de comparer les régions entre elles. « Ce qu'on doit vous dire, c'est que notre méthodologie, donc la méthode scientifique qu'on a utilisée, ne permet pas des comparaisons entre les régions. Il faut comprendre que, dans votre région, il n'y avait que 51 patients au total, répartis sur 6 mois, comparé à 2200 patients. Pour nous, on n'a pas cette puissance statistique de pouvoir comparer les régions entre elles », souligne-t-elle.

Selon le président du syndicat des infirmiers paramédicaux de l'Abitibi-Témiscamingue, Serge Buttet, le style d'horaire des ambulanciers ne favorise pas les interventions rapides. « Le plus gros problème auquel vous faites face dans votre région, c'est probablement les grandes distances qui font que le choix de se déplacer par ambulance vers l'hôpital est moins facile. C'est sûr que, si vous avez moins de patients qui arrivent en ambulance, toute cette période de préparation de l'hôpital qui permet d'accueillir le patient et d'être beaucoup plus efficace sur place n'est pas au rendez-vous », dit-il.

Gaétan Barrette, le ministre de la Santé, affirme que les horaires des ambulanciers ne peuvent être pris en ligne de compte dans cette situation. « Quand on arrive dans la discussion des horaires de faction, on oppose les gens qui sont en plus grande ruralité à ceux qui sont à Rouyn-Noranda ou à Val-d'Or, par exemple. Alors maintenant, il n'est pas possible d'avoir quelqu'un tout le temps pour rentrer dans les 31 minutes parce que, pour faire ça, il faudrait avoir des ambulances au coin de chaque route secondaire. Il ne faut pas prendre cette situation scientifique et la transposer dans un discours purement syndical », argue-t-il.

« On ne peut pas mettre, dans une région comme l'Abitibi - et c'est grand, l'Abitibi, je ne vous apprends rien et on sait évidemment que, non seulement c'est grand, mais il y a une distribution quand même très étendue de la population - on ne peut pas rentrer dans les délais pour toute la population, ce n'est pas possible », admet-il.

Il souligne toutefois que des améliorations dans les délais sont observées.

De son côté, le Centre intégré de santé et de services sociaux va analyser les données avant de faire des commentaires.

Avec les informations de Guillaume Rivest

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