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Inquiétudes en Abitibi-Témiscamingue en lien avec le piétinement des négociations sur le bois d'oeuvre

Le piétinement des négociations entre le Canada et les États-Unis pour une entente sur le commerce du bois d'oeuvre suscite des inquiétudes en Abitibi-Témiscamingue.

Avec les informations d'Jean-Marc Belzile

La décision qui sera prise entre les deux pays pourrait avoir un impact pour plusieurs entreprises forestières qui oeuvrent dans la région et qui sont satisfaites des dispositions de l'Accord du libre-échange nord-américain (ALENA) qui s'appliquent depuis la fin de la précédente entente sur le bois d'œuvre.

Accès au marché américain

La majorité des entreprises forestières de la région exportent ou voudraient exporter du bois d'oeuvre aux États-Unis. C'est le cas par exemple de Produit Forestier Résolu (PFR) qui emploie près de 150 personnes à Amos.

« La période de libre-échange permet justement d'avoir accès au marché américain sans aucune forme de compensation, de quota ou de taxation spéciale », fait valoir le premier directeur des Affaires publiques et des et relations gouvernementales, Karl Blackburn.

Il ajoute que la situation est complexe et qu'avant la dernière entente sur le bois d'œuvre conclue après cinq ans de batailles devant les tribunaux, les entreprises canadiennes désirant exporter aux États-Unis devaient payer différentes formes de taxes.

Le spectre de la taxation fait craindre les pertes d'emplois

Après l'échéance de l'entente, une période de flottement de 12 mois pendant laquelle les États-Unis ne peuvent imposer de tarifs douaniers sur les produits canadiens de bois d'œuvre est prévue. Mais l'échéancier du mois d'octobre inquiète ceux qui plaident en faveur du maintien du statu quo, comme le président de Foresterie Kékéko, Robert St-Amour, qui croit qu'un retour du protectionnisme américain serait synonyme de plusieurs pertes d'emplois au pays.

« On dit toujours que les moins performants risquent d'y passer, mais vous savez que dans l'industrie forestière, les 7-8 dernières années qui sont passées, il y a beaucoup de gens qui ont réduit leurs investissements parce qu'il y avait très peu de marge », explique M. St-Amour.

Le préfet de la MRC de Témiscamingue, Arnaud Warolin, abonde dans le même sens.

« Déjà qu'on a des difficultés liées au coût de la fibre chez nous, si on vient rajouter une autre taxe ou un autre élément qui vient donner un effet négatif, c'est évident que ça aurait un impact sur nos collectivités et donc sur nos emplois et nos ressources, explique-t-il. C'est pour ça qu'on est très sensibles à ça. »

Du centre du pays à l'ouest : des points de vue divergents

Mais les avis divergent au pays concernant cette question, ce qui complique assurément la tâche du gouvernement canadien. Les forestières du centre du Canada, c'est-à-dire le Québec et de l'Ontario, demandent le libre-échange depuis un bon moment déjà. Alors que dans l'Ouest, on ne croit pas nécessairement que ce soit la meilleure solution, les entreprises ayant développé au cours des dernières années le marché asiatique et étant propriétaires de 40 importantes usines aux États-Unis.

Le ministère d'Affaires mondiales Canada assure vouloir conclure une entente qui tiendra compte de toutes les régions du pays. La ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, a d'ailleurs rencontré son homologue américaine la semaine dernière à Paris. Elle rencontrera également le Conseil de l'industrie forestière du Québec sous peu.

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