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Jean-Claude Martel, d’Amos à la France pour guérir le Parkinson et l’Alzheimer

Jean-Claude Martel habite en France depuis 1994. Natif d'Amos, il a parcouru un long chemin d'études universitaires avec un seul but en tête : guérir les personnes en proie aux maladies neurodégénératives.

Une rencontre d'Angie LandryPour la petite histoire, l’Amossois, spécialisé en pharmacologie, possède deux diplômes d’études postdoctorales, a travaillé pour le National Institute on Drug Abuse de Baltimore, aux États-Unis, et fait actuellement partie de la structure de Recherche et développement de la troisième plus importante compagnie pharmaceutique de France.

Pourtant, Jean-Claude Martel parle de son parcours avec une modestie sans pareil.

HumilitéJean-Claude Martel se présente en entrevue presque timide, presque embêté de devoir vanter les mérites de ses efforts académiques. Sa nièce qui l'accompagne, Marie-Frédérique, le taquine en soulignant la grande humilité du scientifique abitibien.

« Je suis parti de la région parce que j’ai fait des études assez longues, explique d'emblée Jean-Claude Martel. J’ai un métier de chercheur, un chercheur dans le médicament, donc il n’y a pas trop de débouchés en région. Mais je me souviens de mon père qui m’a motivé, quelque part, parce qu’au début, je travaillais sur la maladie d’Alzheimer. Il me disait : vous allez trouver un bon médicament. J’y croyais dur comme fer. Mais j’ai vu que la recherche, ça prend du temps », raconte M. Martel.

Il ajoute que c’est notamment après avoir vu les ravages causés par le Parkinson ou l’Alzheimer qu’il a eu envie de prendre part à la recherche sur les maladies dégénératives. C’est aussi ce qui l’a poussé, quelques années plus tard, à devenir l’actuel assistant à la direction de l’Unité d’innovation - Système nerveux central aux Laboratoires Pierre Fabre, dans le sud de la France.

Parcours au-delà des frontièresAprès des études à l’Université de Sherbrooke au baccalauréat en biologie, Jean-Claude Martel réalisera une maîtrise ainsi qu’un doctorat, en passant par Montréal, Kingston et Québec. C’est toutefois lors de son séjour académique aux États-Unis, à Baltimore, où il prend compte d’une opportunité de travail aux Laboratoires Pierre Fabre, dans le sud de la France.

« J’ai pris la décision de franchir ça et je suis parti sur cette job. J’ai terminé mon deuxième post-doctorat un vendredi soir et je commençais à travailler le lundi matin! Ça m’avait épaté! », raconte-t-il, bien humblement.

C’est là qu’il rencontrera d’ailleurs sa femme, Élisabeth, avec qui il a adopté en 2007 sa petite fille, Noémie, originaire du Mali.

Contribuer à la science

Même si Jean-Claude Martel garde en tête que le développement d’un médicament pour guérir d’importantes maladies neurodégénératives peut demeurer fastidieux, le scientifique natif d’Amos croit qu’il y a encore de la place pour des découvertes.

« C’est long de développer un médicament et en ce moment, c’est très difficile, je dirais, parce que le réglementaire s’est beaucoup durci. Il y a tellement de lourdeurs, de complexités à développer un médicament, que beaucoup de compagnies ont même arrêté de faire de la recherche », explique-t-il. « J’aimerais bien être au chômage technique parce qu’il n’y a plus rien à soigner! », ajoute-t-il.

Pour l’Amossois, l’image de la recherche scientifique, notamment dans le domaine pharmacologique, est celle des constructeurs des cathédrales au Moyen-Âge.

L’Abitibi près du coeurSi Jean-Claude Martel estime que ce sont les valeurs de l’Abitibi qui le motivent à revenir chaque année dans la région, il ajoute qu’il garde aussi d’un profond attachement au territoire et à ses gens.

« Il y a des gens assez exceptionnels, dont Michel Pageau, qui est un bel exemple de réapprendre à vivre avec le monde animal. J’ai aussi été définitivement marqué par Raoûl Duguay. J’ai été bercé dans ma jeunesse par ses chansons, ses tounes de l’Abitibi, qui vantent les pionniers de ce territoire et Le Voyage, qui est un hymne à la vérité, continuent de m’accompagner », raconte l'Amossois.

Jean-Claude Martel avoue que ce qui lui manque le plus, c'est le quotidien familial. En visite chez lui pour quelques semaines, il tâche de profiter au maximum de son entourage.

Même s’il vit depuis plus de 20 ans en France, Jean-Claude Martel avoue chérir l’envie de revenir vivre, un jour, en Abitibi-Témiscamingue.

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