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Jeunes fugueurs : une réalité en Abitibi-Témiscamingue aussi

En une semaine seulement, trois adolescentes hébergées au centre jeunesse de Laval ont manqué à l'appel. La réalité des fugues est aussi présente au Centre de réadaptation avec hébergement en Abitibi-Témiscamingue. Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue soutient qu'en 2013-2014 il y a eu 295 fugues dans la région comparativement à 6013 au Québec.

Avec les informations de Vanessa Limage

Scénario différent en Abitibi-Témiscamingue

Cependant, selon la responsable des services réadaptation avec hébergement, Marie-Claude Duval, la situation est bien différente en Abitibi-Témiscamingue qu'au centre jeunesse à Laval, qui a défrayé la manchette au cours des derniers jours.

« Ce n'est pas un phénomène que nous vivons, précise-t-elle. Cependant je trouve important de dire qu'on se sent concerné par ça. Quand il se passe des choses comme ça dans les grands centres, éventuellement, ça peut rejoindre les régions. Le visage de notre clientèle a énormément changé au cours des dernières années. On se parle d'une clientèle aux prises avec de graves problèmes de santé mentale, une clientèle très différente, dans le sens où ce sont des jeunes qui restent plus près de nous, qui ont besoin de nous, qui joignent moins les gangs marginalisés pour dire ça. »

Lieux ouverts et prévention

En Abitibi-Témiscamingue, le service d'adaptation avec hébergement comprend huit unités, dont sept qui sont des lieux ouverts où les jeunes peuvent entrer et sortir. Ces unités ont une capacité de 104 jeunes qui ont en moyenne 15 ans et demi. « De ces huit unités, une seule est sécuritaire. Un seul service barré si vous voulez, explique Mme Duval. Impossible d'y sortir. Pour les autres, tout est ouvert, alors il faut savoir qu'on a des jeunes qui vont à l'école, qui vont voir des parties de hockey, qui font partie même de groupes sportifs ou culturels. »

Mme Duval soutient que plusieurs moyens sont mis en place pour éviter les cas de fugues en Abitibi-Témiscamingue « en évaluant bien tous les facteurs de risques [de fugues] dès l'admission. De travailler en concertation avec les parents, avec les écoles, avec les corps policiers par exemple. Ce sont des exemples parmi d'autres. »

Des données encourageantes

D'ailleurs, la responsable des services réadaptation avec hébergement se fait toutefois rassurante. « 50 % des fugues en Abitibi-Témiscamingue durent moins que 24 heures. Ce n'est pas moins inquiétant parce que, pour nous, une fugue, c'est toujours une de trop. Et il y a toujours le danger de compromission autour de ça, mais au moment où on se parle, il n'y a aucun de nos jeunes qui traversent [la réserve faunique] de La Vérendrye. C'est la bonne nouvelle en ce moment. »

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