Retour

Justice au Nunavik : une situation « catastrophique », selon le bâtonnier de l'Abitibi-Témiscamingue

Dans un rapport spécial publié le 18 février et déposé à l'Assemblée nationale, la Protectrice du citoyen du Québec, Raymonde Saint-Germain, dénonce les conditions de détention réservées aux Inuits du Nunavik, qu'elle qualifie d'inhumaines. Elle affirme que les détenus sont gardés dans des cellules surpeuplées, malpropres et même insalubres.

Selon les informations obtenues par Raymonde Saint-Germain, ces conditions de détention ne respectent ni les règles internationales ni les chartes des droits. La Protectrice du citoyen exhorte d'ailleurs le gouvernement à intervenir de toute urgence.

Selon Raymonde Saint-Germain, il ne s'agit pas d'un problème d'argent, mais d'un manque de volonté politique. 

« Ces sommes-là n'ont jamais été remises en question. L'enjeu, au contraire, c'est de s'en occuper. Il y a trop de banalisation, il y a trop de laxisme et il y a trop de travail en silo entre les ministères concernés et les intervenants du Nunavik, croit Mme Saint-Germain. Alors moi j'en appelle à une mobilisation et à une concertation : les solutions sont connues, il faut s'en occuper, il faut agir. »

Le Barreau de l'Abitibi-Témiscamingue n'est pas surpris

Le bâtonnier de l'Abitibi-Témiscamingue, Me Marc Lemay, n'est pas surpris des conclusions de ce rapport. Il soutient d'ailleurs que le Barreau avait déjà soumis ces préoccupations au Protecteur du citoyen à la suite d'une tournée dans le Nord, il y a plus de deux ans. Mais selon Marc Lemay, cette situation a des conséquences graves.

Le bâtonnier de l'Abitibi-Témiscamingue abonde finalement dans le même sens que la Protectrice du citoyen et presse les ministères et les organismes publics concernés par l'administration de la justice dans le Nord d'agir rapidement. Selon lui, trop peu d'efforts de coordination sont faits entre le ministère de la Justice, chargé d'administrer la justice, le ministère de la Sécurité publique, chargé de l'application de la loi ainsi que des établissements de détention, et la Société québécoise des infrastructures (SQI), chargée de l'ensemble des immeubles gouvernementaux, dont les prisons ou les palais de justice. 

Le ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux s'est dit préoccupé par cette situation. Il a aussi mentionné que ce rapport soulevait aussi la problématique sociale derrière tous ces emprisonnements.

Plus d'articles