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L'Abitibi-Témiscamingue devra s'adapter à la nouvelle taxe sur l'hébergement

La taxe sur l'hébergement est maintenant passée de 3,5% au lieu de 3 $ par nuitée en Abitibi-Témiscamingue. Même si Tourisme Abitibi-Témiscamingue accepte bien cette nouvelle taxation, les pourvoiries et les hôteliers de l'Abitibi-Témiscamingue sont encore perplexes devant cette nouvelle mesure. 

Cette taxe a été uniformisée à 3,5% partout au Québec. Auparavant, chaque région pouvait auparavant facturer un montant forfaitaire ou encore un pourcentage différent pour la location d'une chambre d'hôtel. En Abitibi-Témiscamingue, elle était de 3 $ par nuitée et passe maintenant à 3,5%. 

La directrice générale de Tourisme Abitibi-Témiscaminge, Randa Napky, s'opposait à une telle taxe uniformisée. Elle affirme, cependant, que les hôteliers de la région ont fait des gains.

« La taxe demeure en région et elle demeure volontaire. Les hôteliers ont toujours la possibilité de dire « on retire, partout au Québec, le 3,5% et on ne contribue plus ». Donc, c'est ce que les hôteliers voulaient. Ça a été des compromis de chaque côté », a-t-elle commenté. 

Un calcul difficile pour les pourvoiries

La Fédération des pourvoiries du Québec trouve que la nouvelle taxe sur l'hébergement est difficile à appliquer à leur réalité. Selon son président-directeur général, Marc Plourde, les pourvoiries auraient préféré un taux fixe de 3,5 $, plutôt qu'une taxe uniformisée.

« Comment, dans un forfait de chasse, par exemple, avec guide, avec l'hébergement, les repas et l'ensemble des services, comment on le décortique? C'est vraiment là qu'est notre préoccupation et c'est là-dessus qu'on s'est entouré de spécialistes, de partenaires, la SÉPAQ aussi participe à cet exercice-là, pour établir de la juste valeur marchande, pour qu'on ait plus de facilité pour appliquer cette taxe », explique-t-il.

Pour sa part, l'Association des hôteliers de l'Abitibi-Témiscamingue déplore que le gouvernement ait pris cette route et qu'il n'ait pas été plus strict envers les logements offerts en ligne. Selon son vice-président, Jean-Pier Frigon, la loi 67 qui vise à encadrer l'hébergement touristique, adoptée en décembre, est encore trop floue.

« On continue de taxer nos chambres au détriment de nos clients à nous qui doivent payer encore plus cher. Donc, on est en train de pousser notre clientèle en surtaxant nos chambres vers les illégaux, de type Airbnb. Donc, effectivement, on a un problème majeur qui se pointe à l'horizon », a-t-il réagi. 

Promouvoir l'Abitibi-Témiscamingue à l'international

La taxe sur l'hébergement, qui était jusqu'à maintenant de 3 $ par nuitée, permettait à Tourisme Abitibi-Témiscamingue d'obtenir entre 890 000 $ et 920 000 $ par année, pour le développement du tourisme dans la région. Le nouveau mode de taxation permettra désormais de soutirer jusqu'à 1,2 million des hôteliers. L'association touristique régionale conservera l'équivalent de ce qu'elle obtenait auparavant et remettra les surplus à l'Alliance de l'industrie touristique du Québec, qui a pour but de vendre les attraits touristiques du Québec dans le monde. 

Selon Randa Napky, l'Abitibi-Témiscamingue saura, elle aussi, profiter de cette promotion à l'international. Elle croit que l'industrie touristique de la région n'aurait pas pu être ce qu'elle est aujourd'hui sans le financement, depuis 13 ans, de la taxe sur l'hébergement. 

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