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L'Abitibi-Témiscamingue émue par le sort des migrants haïtiens

Un Abitibien participera aux efforts d'accueil des migrants qui arrivent au Canada en provenance des États-Unis : le professeur en sciences infirmières de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), Mario Brulé, se rendra cette fin de semaine dans le camp provisoire installé par l'armée à la frontière, près de Saint-Bernard-de-Lacolle, en Montérégie, où les autorités sont toujours débordées par l'arrivée massive d'Haïtiens en provenance des États-Unis. Le sort de ces migrants préoccupe d'ailleurs la région.

Un texte d'Émilie Parent-Bouchard

Mario Brulé, qui a participé à plusieurs missions d'aide internationale au cours des dernières années et qui vient d'être nommé au sein du conseil d'administration de l'Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI), a indiqué qu'il partait en Montérégie cette fin de semaine pour faire l'évaluation de santé de centaines réfugiés qui traversent la frontière pour demander l'asile au gouvernement canadien.

« Je fais partie de l'équipe de la réponse d'urgence de la Croix-Rouge internationale, indique-t-il. Là c'est particulier et c'est pour ça que j'ai accepté en plus de mes tâches à l'université, c'est le gouvernement canadien qui a demandé à la Croix-Rouge d'aller aider à Lacolle à cause des centaines de réfugiés qui arrivent, il faut aller faire l'évaluation de santé et c'est ma spécialité. La Santé publique aime mieux les garder autour de Lacolle pour les évaluer.

Une sensibilité particulière aux questions internationales dans les régions

Le spécialiste en santé mondiale considère d'ailleurs que, comme lui, « les gens des régions, les gens de l'Abitibi-Témiscamingue aiment voyager, sont ouverts sur le monde et veulent aider sur le plan humanitaire ».

Les Abitibiens émus par le sort des migrants haïtiens

Cette hypothèse se confirme au bureau de la députée fédérale Christine Moore, où certains citoyens de l'Abitibi-Témiscamingue se présentent pour exprimer leur sensibilité et leur empathie au sort des migrants haïtiens. Ils veulent obtenir de l'information, notamment sur leurs conditions d'accueil et sur les processus d'immigration qui s'offrent à eux.

« Les gens viennent s'informer, ils sont inquiets un peu sur les façons de faire, explique l'adjoint de circonscription de Christine Moore, Yves Dumulon. Ils veulent savoir pas nécessairement comment aider, mais quel est le processus, qu'est-ce qui se passe, ainsi de suite. Évidemment, nous on réfère les gens si ils veulent aider par exemple à la Croix-Rouge ou on leur donne de l'information sur ce qui se passe comme tel. »

Pourquoi tant d’Haïtiens demandent-ils l'asile au Canada?

Depuis le début de l'été, des dizaines d'Haïtiens en provenance des États-Unis traversent chaque jour la frontière illégalement à Saint-Bernard-de-Lacolle, au Québec

Après le terrible tremblement de terre qui a dévasté Haïti en 2010, de nombreux Haïtiens ont quitté leur île pour trouver refuge aux États-Unis. Le président américain de l’époque, Barack Obama, a alors accordé un statut de protection temporaire aux demandeurs d’asile haïtiens. Ce statut leur permet de vivre et de travailler légalement aux États-Unis.

Quelque 58 000 réfugiés haïtiens en bénéficient, mais peut-être pas pour bien longtemps. Le nouveau président américain, Donald Trump, a menacé en mai dernier de leur retirer ce statut en janvier 2018. Du coup, ils craignent d’être renvoyés en Haïti sans plus de formalités.

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