Retour

L'Abitibi-Témiscamingue : un lieu de prédilection pour les tournages cinématographiques?

L'Abitibi-Témiscamingue est-elle en train de devenir le secret le mieux gardé du cinéma? Alors que l'équipe du film à gros budget - le blockbuster - Junior Majeur vient de quitter Rouyn-Noranda après quatre jours de tournage, notre journaliste Émilie Parent-Bouchard s'est posé la question. Elle s'est tournée vers des gens de la région qui gravitent autour de l'industrie cinématographique pour y répondre.

Un texte d'Émilie Parent-Bouchard

L'équipe de Junior Majeur vient à peine de quitter Rouyn-Noranda, mais déjà, le président du Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue, Jacques Matte, est convaincu que le travail d'équipe caractéristique de la région et ses spécificités continueront d'attirer les réalisateurs. Il évalue que la capacité de la région à se serrer les coudes est un argument convaincant pour attirer les réalisateurs.

« Junior Majeur, ça a été un projet énorme qui a mis plusieurs partenaires autour de la table. L'Abitibi-Témiscamingue est en train de développer une espèce d'expertise. Ça forme des générations, peut-être pas de cinéastes, mais des générations futures de travailleurs en cinéma. On n'a pas de bureau du cinéma ici, donc on a réuni des gens autant du CLD, de la Ville de Rouyn-Noranda, des Huskies, de Tourisme Abitibi, du Festival du cinéma et on a fait en sorte d'ouvrir les portes de la ville. Ce n'est pas tous les jours qu'on peut accueillir une production de cette dimension-là et il faut faire en sorte qu'ils puissent être heureux, on veut les ravoir », explique-t-il.

« Si on a un tournage par année, un tournage par 18 mois, c'est énorme dans la région. »

Le réalisateur Éric Morin abonde dans le même sens. Celui qui se prépare à tourner le long métrage Gold dans la région, ajoute que l'essence de ses films y est aussi pour beaucoup.

« Quand tu écris sur, que la racine de ton inspiration est puisée dans la région et dans le rapport à la région, je pense que c'était un incontournable pour nous de tourner Chasse au Godard d'Abbittibbi à Noranda et en Abitibi. Au-delà du sujet, avec mes producteurs de Parce que films qui eux viennent de Montréal, on a découvert qu'il y avait beaucoup de facilité. La ville était très accueillante. Souvent à Montréal, on arrive comme des gens qui sont un peu fatigants, qui ferment les rues, qui dérangent, tandis que là c'était un peu inspirant, les gens voyaient qu'il y avait de l'activité en plein hiver dans le Vieux Noranda, et il y a eu énormément de collaboration », souligne-t-il.

Pour la romancière Jocelyne Saucier, dont l'adaptation cinématographique du livre Il pleuvait des oiseaux passera par l'Abitibi à l'été 2018, la question dépasse le cinéma.

« Il y a un intérêt pour le territoire. Depuis 7 ou 8 ans, je le remarque dans le roman, d'ailleurs chez les jeunes auteurs, on sort, on explore le territoire et il y a un attrait du nord. Ils viennent chercher ici quelque chose de spécifique. On ne vient pas ici parce que ça coûte moins cher. Ce n'est pas l'arrière-pays bucolique. On vient chercher quelque chose de spécifique et c'est ça qui est intéressant à voir pour nous : le regard qu'ils posent sur nous. La représentation artistique d'un lieu, d'un peuple, d'un pays, d'une région. On s'est vus dans les chansons de Desjardins, on se voit dans les romans qui parlent de l'Abitibi, on se voit dans ces films-là. Ça nous donne une autre façon d'exister, même dans notre propre tête et entre nous », réfléchit-elle.

Plus d'une quinzaine de films ont été tournés dans la région dans la dernière décennie.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine