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L'Écart, lieu d'art actuel célèbre ses 25 ans!

Le 25e anniversaire de L'Écart, lieu d'art actuel de Rouyn-Noranda ont été soulignés hier à l'occasion du vernissage des trois premières expositions de 2017, qui proposent, chacune à leur façon, une réflexion sur l'image.

Le coordonnateur général de l'Écart, Matthieu Dumont, explique que d'autres événements pourraient être organisés pour souligner cet anniversaire au cours de l'année. Il souligne que depuis un quart de siècle, trois générations d'artistes ont contribué au succès du centre d'artistes qui a pour mandat de diffuser les tendances actuelles en arts visuels, mais aussi de supporter la démarche des artistes d'ici.

« De voir L'Écart évoluer pendant toutes ces années-là et de voir qu'on est rendus là après 25 ans, on est vraiment contents, souligne-t-il au milieu de la foule nombreuse et bigarrée réunie pour l'occasion. Je dois dire qu'on a encore des membres fondateurs qui sont avec nous au conseil d'administration, donc on a vraiment tout le temps eu une belle collaboration entre la relève et les fondateurs pour continuer à pousser le centre de plus en plus loin. »

C'est intéressant d'avoir des organismes qui se soucient de la création qui se fait en région, mais aussi qui suscitent cette création-là en donnant des résidences d'artistes.

Matthieu Dumont, coordonnateur général de L'Écart

Dialogue entre les artistes d'ici et d'ailleurs

Matthieu Dumont ajoute par ailleurs que la résidence permet de maintenir un dialogue nourri entre les artistes d'ici et d'ailleurs. Il cite en exemple la réflexion sur l'image qui sert de fil conducteur aux trois expositions présentées en ce moment. L'installation Dans l’impossibilité de vivre avec la mémoire autrement qu’en la faussant du Montréalais John Boyle-Singfield s'intéresse d'une part à la propriété de l'image et à l'appropriation culturelle, l'artiste ayant farfouillé dans la toile pour reconstituer le film Baraka — une « représentation très occidentale des manifestations humaines et culturelles sur terre », selon lui — à l'aide de séquences vidéo d'agences.

À cette projection vidéo en diptyque de 90 minutes s'ajoute Instagram 3.4.2, une série d'impressions sans sujet produites à partir des filtres de l'application qui invite à la réflexion sur la nostalgie instantanée et à la sempiternelle quête de beau et de bonheur à l'ère des réseaux sociaux.

Andréane Boulanger en résidence

Le travail de l'artiste multidisciplinaire établie à Rouyn-Noranda, Andréane Boulanger, fait d'ailleurs écho à celui de Boyle-Singfield en ce qu'il puise aussi dans la masse exponentielle d'images qui défilent sur les réseaux sociaux pour interroger « notre rapport à l'ennui et au désir constant de divertissement ». Celle qui a joui d'une résidence d'un mois à L'Écart pour mettre sur pied l'exposition Aujourd'hui ne viens pas me voir, indique d'ailleurs que le fait d'avoir été soumise au regard des passants de la rue Murdoch a orienté son travail.

« Devant la vitrine, je me suis retrouvée comme à être un peu en représentation sans même le vouloir, fait valoir celle qui est notamment reconnue pour ses performances percutantes. Les gens qui passaient dans la rue devenaient épieurs ou voyeurs et ils pensaient vraiment que c'était comme une performance. Ça m'a fait réfléchir sur le besoin d'être toujours diverti, et que des fois il n'y a rien de l'fun et c'est juste banal et ça a vraiment orienté ma peinture vers ça. Les choix d'images, moi je prends beaucoup mes images sur Facebook, sur les réseaux sociaux pour faire mes peintures, donc j'ai choisi beaucoup des images où il n'y avait pas grand chose à montrer sauf des scènes très quotidiennes, poursuit-elle. »

La relève dans la vitrine de L'Écart

Dans la vitrine de L'Écart, un espace occupé il y a quelques années par les peintures d'Andréane Boulanger, l'artiste originaire d'Amos Audrey Lambert présente aussi l'exposition photo Écarlates, qui à travers des lieux communs, évoque la dualité présence/absence et suscite un questionnement identitaire.

« Provoquer des rencontres fait vraiment partie de la mission qu'on s'est donnée, c'est-à-dire provoquer des rencontres et de pouvoir découvrir ce qui se fait ailleurs tout en pouvant apprécier ce qui se fait ici, de conclure Matthieu Dumont. En ce moment on travaille justement en exposant des jeunes artistes comme Audrey Lambert qui a étudié à Trois-Rivières et qui revient en région, pour nous c'est important de les intégrer dans notre processus, d'exposer ses oeuvres, mais aussi d'être à l'emploi du centre. Je pense que c'est vraiment intéressant l'idée du multigénérationnel, surtout que les membres fondateurs s'impliquent toujours, de conclure Matthieu Dumont. »

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