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L'histoire de l'hôtel Plaza de Rouyn-Noranda, de Richard Desjardins au Tigre Géant!

« À c't'heure j'suis quasiment tout seul à fournir à Plaza qu'est-ce c'est que l'monde veulent, qu'est-ce que la loi veut pas. » Richard Desjardins a ainsi immortalisé l'hôtel Plaza de Rouyn-Noranda dans sa chanson ... Et j'ai couché dans mon char. Cette simple phrase résume l'esprit qui y régnait : c'était un lieu dur où l'on pouvait tout de même passer de belles soirées. L'endroit est ensuite devenu le Tigre Géant et s'apprête maintenant à changer de main.

Un texte de Félix B. Desfossés

Ses clients l’appelaient « Yoyo ». Yolande Guimond, de son vrai nom, a été tour à tour employée puis copropriétaire de l’hôtel Plaza. Au sous-sol se trouvait une salle de billard. Au rez-de-chaussée se trouvait un salon de barbier et, à l’entrée principale, on trouvait « le bar en entrant où les gens s’enregistraient pour l’hôtel, la salle de réception à gauche », décrit-elle. Les chambres étaient à l’étage.

Toutes sortes d’événements se déroulaient à l’hôtel Plaza, que ce soit des réceptions de mariage, des enterrements de vie de garçon, des concours de panaches d’orignaux dans le temps et de la chasse ou encore des spectacles de musique country, presque sept soirs sur sept.

La musique à l'hôtel Plaza

Yoyo se souvient notamment du chanteur qu’elle appelait « patte de fer », de son vrai nom, Bud Roberts. « Lui, il pognait avec les femmes. Il lui manquait une jambe, alors il avait une patte de fer. Il y a eu Les Taillefer aussi, ils ont joué souvent ici. Et les Mexicains! Là, les big shots de la ville, ceux qu’on ne voyait pas souvent, venaient pour les voir jouer », se remémore-t-elle.

En effet, un orchestre de musique traditionnelle du Mexique nommé Los Tres Padres a passé de nombreuses semaines à l’hôtel Plaza avant de se trouver un nouvel engagement à Montréal.

Mais le meilleur musicien dont elle se souvienne, c’est le guitariste Ken Wallingford. « Ti-Ken, c’était quelque chose. Je ne dirai pas qu’il ne prenait pas un coup. Mais il était bien gentil. Mais surtout, lui, il jouait de la guitare… je pense que c’est le meilleur qu’on a eu! »

Au milieu des années 70, avec son orchestre Les Torenados, Ken Wallingford a animé de nombreuses soirées à l’hôtel Plaza. Le musicien s’est d’ailleurs retrouvé au centre du documentaire Mouche à feu de Richard Desjardins et Robert Monderie en 1981.

Hold-up

Au milieu des années 70, Mme Guimond est victime d’un grave hold-up. « C’était avant la fermeture. C’était un dimanche soir. Les gars jouaient aux cartes dans le coin. J’étais assise sur un stool quand une gang de gars sont entrés cagoulés en courant. Bam! Ils ont donné un coup de hache à côté de mon bras sur le bar. Je suis tombé sans connaissance. Ils m’ont tiré par le gilet et les cheveux jusque dans l’office. « Tu vas ouvrir le safe! » Une chance que j’avais la clé », se souvient-elle en revivant la terreur du moment.

Les brigands se sont sauvés par la porte arrière avec les recettes de la semaine au complet, non sans le menacer d’un autre coup de hache ayant atterri à quelques centimètres de sa jambe.

Malgré cet épisode noir, Yolande Guimond a aimé ses années à l’hôtel Plaza. « J’ai toujours été respectée », affirme-t-elle. Toute une communauté s’articulait autour du Plaza et les clients, dit-elle, étaient ses amis.

Depuis les années 40

Les années 70 sont peut-être les années les plus marquantes de l’hôtel Plaza, mais son histoire remonte aux années 40. Le bâtiment, construit en 1938, appartenait à un certain M. Tessier, dont Ernest Guimond devient locataire en 1947 puis propriétaire en 1958. M. Guimond était ressortissant de St-Bruno-de-Guigues, au Témiscamingue.

Yolande Guimond, la fille d’Ernest, commence à travailler à l’hôtel alors qu’elle n’a pas encore 21 ans. Barmaid, femme de chambre, gérante… elle a occupé tous les postes possibles avant d’acheter l’hôtel avec son mari en 1969.

L'hôtel passe aux mains de la famille Fleury à la fin des années 70 avant de revenir à Mme Guimond. Après y avoir ouvert un magasin de meuble, Mme Guimond et son mari vendent le bâtiment à Tigre Géant en 1988.

En juin 2018, le Tigre Géant déménagera. Heureusement, l'auteur-compositeur-interprète Louis-Philippe Gingras a lui immortalisé l'endroit dans sa chanson du même nom!

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