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La disparition du bureau régional du ministère de l'Éducation ralentit le service aux élèves handicapés ou en difficulté d'apprentissage

La 7e semaine pour l'école publique chapeautée par la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) bat son plein depuis hier sous la thématique des classes et des écoles spécialisées. Cependant, dans la région, il n'existe aucune école spécialisée. Cette situation cause plusieurs lacunes selon le Syndicat des enseignants de l'Ungava et de l'Abitibi-Témiscamingue (SEUAT).

Avec les informations d'Émilie Parent-Bouchard

En Abitibi-Témiscamingue, ce sont les commissions scolaires qui ont la responsabilité de mettre des ressources à disposition des élèves handicapés ou qui présentent des difficultés d'adaptation ou d'apprentissage (EHDAA).

Or, Luc Gravel, président du SEUAT, observe que depuis la fermeture de la direction régionale du ministère de l'Éducation, il est de plus en plus difficile d'obtenir la validation du statut de ces élèves par le ministère. Il estime que les refus ont ainsi augmenté de 15 à 20 % à l'échelle de la région.

« Ce qu'on comprend, c'est qu'il n'y a que très peu de fonctionnaires qui travaillent sur le dossier à Québec et qu'ils appliquent des règles strictes, dit-il. Donc, si par exemple, on a un délai pour rencontrer un psychologue, un orthophoniste ou quelque chose comme ça qui n'est pas respecté, on rejette le dossier, ce qui est problématique parce que l'élève est dans la classe, les enseignantes doivent vivre avec, les commissions scolaires sont conscientes de la problématique, mais c'est difficile d'aller chercher les sommes supplémentaires pour ajouter du service. »

M. Gravel ajoute que la difficulté à prendre en considération les spécificités régionales est particulièrement présente au Témiscamingue, où jusqu'à 75 % des demandes se sont vues refusées pour l'année 2014-2015.

Toutefois, Nicole Lavoie, directrice des services éducatifs et complémentaires, note une amélioration pour l'année 2015-2016 avec un dossier sur deux accepté. Elle souligne que cette situation force la commission scolaire du Lac-Témiscamingue à faire une gymnastique financière pour maintenir le service aux élèves.

Elle ajoute que l'accès restreint à des spécialistes complique l'obtention du statut d'élève handicapé ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage. « Étant donné que ça prend d'emblée un diagnostic de tel ou tel spécialiste, tout dépendant de la problématique, nous ça nous arrive d'avoir de la difficulté à l'avoir, effectivement. Encore chez nous, on n'avait pas d'orthophoniste à aller jusqu'à l'année passée, donc tous les troubles de langage, on avait beaucoup de difficulté à avoir des diagnostics », relate-t-elle, tout en soulignant qu'il était plus facile de travailler directement avec un bureau régional du ministère.

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