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La Fédération des cégeps à la rencontre des étudiants autochtones

La Fédération des cégeps a réuni mardi à Wendake des personnes issues du milieu collégial et politique pour une journée d'échanges sur la réussite des étudiants autochtones du postsecondaire.

Un texte de Jean-Philippe Guilbault

Cette rencontre s’est faite avec la collaboration du Comité sur la réussite des étudiants autochtones au collégial (CRÉAC), créé il y a un an par la Fédération des cégeps.

Pour le président du comité, Réjean Paquet, l'événement était l'occasion de dresser un portrait de ce qui se passe dans le réseau collégial.

« Il y a beaucoup d’initiatives [pour accommoder les étudiants autochtones], mais peu de mises en commun entre les différents cégeps », indique celui qui est aussi le directeur des affaires étudiantes et communautaires au Cégep de Trois-Rivières.

Un atelier avait par ailleurs été organisé pour que quatre établissements puissent présenter des initiatives développées dans les dernières années.

Par exemple, certains cégeps accueillent des étudiants autochtones à qui il manque quelques crédits du secondaire. Le parcours de ces étudiants est ensuite conçu pour leur permettre de compléter les crédits manquant avec la formation aux adultes tout en entreprenant leurs études collégiales.

Réjean Paquet souligne également le travail fait par le Collège John Abbot qui offre un programme d’études avec des cours d’histoire adaptés pour y inclure les réalités autochtones.

Selon la Fédération des cégeps, plus de la moitié des 48 institutions collégiales membres affirment accueillir des étudiants autochtones et mettre en place des services appropriés.

M. Paquet ajoute que le Cégep de Trois-Rivières travaille en partenariat avec trois communautés atikamekw en plus d’une personne-ressource autochtone pour faciliter le suivi et l’adaptation de ses étudiants.

Le grand saut universitaire

Servant souvent de référence en matière d’enseignement postsecondaire pour les populations autochtones, l’Institution Kiuna, à Odanak, accueille en ce moment 70 étudiants.

Un établissement « pour et par les Premières Nations, rappelle la chargée de projet au postsecondaire du Conseil en éducation des Premières Nations, Ève Bastien. Ils [les étudiants autochtones] n’ont pas besoin de s’intégrer! »

Kiuna a notamment remplacé son cours de littérature québécoise par un cours de littérature autochtone. Les incontournables de la province y sont toujours enseignés, mais on tâche de faire plus de place pour les auteurs autochtones.

Mme Bastien souligne l’ouverture et la curiosité dont font preuve d'autres établissements scolaires depuis quelques années, même si peu connaissent l'institution Kiuna, pourtant ouverte aux non-Autochtones.

Une vingtaine d’étudiants de Kiuna devraient obtenir leur diplôme cette année et plusieurs d'entre eux comptent poursuivre leurs études à l’université où de nouvelles difficultés les attendent.

« Ils vont souvent se retrouver dans des grandes villes, explique Mme Bastien. Le plus difficile, c’est le fait que c’est impersonnel. Ils viennent de communautés où le caractère social est très important. »

Elle précise que de simples procédures comme de faire un choix de cours peuvent représenter un défi pour les étudiants autochtones qui arrivent dans des établissements où il y a des milliers d’inscrits.

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