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La formation à distance, un modèle adapté à tout le monde?

Depuis une dizaine d'années, les élèves inscrits en formation aux adultes à Radisson, Lebel-sur-Quévillon et à Matagami n'ont pas accès à un enseignant physiquement présent en classe : ils doivent plutôt recourir aux nouvelles technologies, notamment à Skype, pour consulter les enseignants de la Commission scolaire de la Baie-James qui travaillent à partir de Chibougamau pour superviser les étudiants dans d'autres points de service.

Avec les informations de Claude Bouchard

La direction de la Commission scolaire de la Baie-James (CSBJ) explique que ce fonctionnement permet de maintenir les services sur le territoire, malgré la diminution des inscriptions enregistrée dans les dernières années - deux étudiants suivent par exemple ce cursus à Lebel-sur-Quévillon, contre une dizaine à Matagami.

La directrice des ressources humaines, Maryse Savard, croit aussi que l'enseignement à distance cadre bien avec l'enseignement des adultes, qui est dispensé de manière plus personnalisée, au rythme d'apprentissage de chacun. 

« Chacun va avoir un choix d'horaire, chacun n'est pas au même niveau d'enseignement. J'en ai qui peuvent être classés pré-secondaire et j'en ai qui sont en secondaire cinq », illustre Maryse Savard.

Difficultés de recrutement du personnel

La directrice des ressources humaines ajoute qu'il était difficile de recruter des enseignants légalement qualifiés pour l'enseignement général des adultes.

« On peut avoir environ neuf heures de français, six heures d'anglais [par semaine], explique Maryse Savard. Alors c'est sûr que de postuler [sur] un poste en formation générale des adultes qui va comporter une tâche de six heures d'enseignement, pour un enseignant légalement qualifié, [ce n'est] pas beaucoup. Alors, [il] va essayer de coordonner peut-être avec une tâche au secteur ''jeunes'', et c'est là que les horaires deviennent incompatibles. »

Maryse Savard assure que la qualité de l'enseignement est la même dans les classes de Chibougamau, de Matagami et de Lebel-sur-Quévillon. Les enseignants se déplacent également une fois par mois pour aller à la rencontre des élèves et tisser des liens.

Difficultés d'adaptation des élèves...

Selon la directrice syndicale du Syndicat de l'enseignement de l'Ungava et de l'Abitibi-Témiscamingue (SEUAT) Paule Gagné, certains élèves peuvent cependant avoir du mal à s'adapter à ce type d'apprentissage. 

« Ça dépend de la réalité du jeune. C'est sûr que si c'est un jeune qui vient chercher son secondaire cinq et qu'il a toujours eu des difficultés à l'école, c'est plus difficile pour lui, illustre Paule Gagné, avant d'ajouter que la motivation est un facteur déterminant dans la réussite. Tellement, que quand les enseignantes sont sur place, ils [leur] mentionnent qu'ils sont contents de les voir et que ça leur fait du bien. Et là, ils peuvent essayer de demander de l'aide quand ils en ont besoin. »

...et des enseignants

Les enseignants doivent eux aussi s'adapter à ce mode d'enseignement. Paule Gagné croit cependant que la rencontre mensuelle avec les enseignantes est un pas dans la bonne direction.

Un modèle aussi utilisé aux cycles supérieurs

Par ailleurs, la réalité géographique de la région et la faible densité de population font en sorte qu'on mise depuis longtemps sur l'enseignement à distance. L'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) a d'ailleurs beaucoup investi dans ces technologies. À l'heure actuelle, environ 25 à 30 % des crédits obtenus à l'UQAT le sont grâce aux cours à distance.

La chargée de projet pour la formation à distance à l'UQAT note qu'il existe une panoplie de formules pour suivre ces cours. Le plus ancien modèle, la vidéoconférence, consiste à donner un cours magistral en temps réel. Le professeur dispense alors de la matière qui peut être suivie par trois ou quatre groupes d'étudiants, peu importe l'endroit où ils se trouvent.

Karène Richer explique que l'UQAT a même développé son propre modèle, selon lequel un cursus est filmé, puis distribué à d'autres étudiants dans l'ensemble du Québec. « Les étudiants peuvent suivre leurs cours à leur rythme, au moment où ils le désirent, avec des plateformes d'enseignement où on va leur faire faire des activités pédagogiques. Et ils ont toujours une ressource pour répondre à leurs questions. »

La chargée de projet Karène Richer considère finalement, comme Paule Gagné, que la motivation, la discipline et l'apprentissage à temps partiel sont des clés pour la réussite de la formation à distance.

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