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La harde de caribous de Val-d'Or relocalisée au Zoo de Saint-Félicien, confirme le ministre de la Faune

Une harde de caribous forestiers de Val-d'Or sera transférée au Zoo sauvage de Saint-Félicien, au Saguenay-Lac-St-Jean, a annoncé ce matin Luc Blanchette, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs.

Protéger et assurer la survie de la harde

Cette décision est « exceptionnelle », affirme le ministre Blanchette. L'objectif de cette solution est de « protéger et d'assurer la survie » de la harde de Val-d'Or. Au total, ce troupeau compte une quinzaine d'individus.

La population de caribous vivant au sud de Val-d'Or est en danger depuis les 30 dernières années, selon le ministère. Plusieurs initiatives ont été mises de l'avant afin d'assurer la pérennité de la harde, mais l'extinction menace toujours la population.

Selon Guy Bourgeois, député d'Abitibi-Est, cette relocalisation permettra au troupeau de « s'épanouir dans un espace encadré et protégé ». « Il ne faut pas voir ce départ comme une fin, ajoute M. Bourgeois, mais comme le commencement d'un nouveau chapitre. Par leur relocalisation, ils seront, en quelque sorte des représentants de l'Abitibi-Témiscamingue au Saguenay-Lac-St-Jean. »

Malgré la relocalisation des bêtes, la réserve de biodiversité des Caribous-de-Val-d'Or sera maintenue.

Un rapprochement entre les régions

L'arrivée de la harde de caribous « permettra de poursuivre la mission d'éducation et de sensibilisation auprès du public » du Zoo sauvage de Saint-Félicien, affirme Lauraine Gagnon, directrice générale.

Pour le maire de Saint-Félicien, Gilles Potvin, cette initiative permettra un rapprochement entre les régions. « Une telle vision des enjeux contribue à renforcer les solidarités régionales pour qu'ensemble nous puissions accomplir de grandes choses, comme assurer la survie des caribous de Val-d'Or », déclare-t-il.

« Un camp de concentration pour animaux »

Pour Henri Jacob, président de l'Action boréale de l'Abitibi-Témiscamingue, le caribou forestier ne pourra pas survivre dans un espace fermé. « Ce troupeau-là, qui vit normalement dans un milieu naturel sur un très grand territoire, ce sont des animaux migrateurs, même qu'ils migrent sur des territoires de 1100 kilomètres carrés à peu près. Là, on va les amener dans quelque chose comme un camp de concentration pour animaux », déplore-t-il.

« C'est un peu drôle que le ministre aujourd'hui nous dise : "On va déménager un troupeau comme ça", alors qu'il y a à peine deux ans, quand on a attrapé quatre bêtes, il y en a une qui est morte, continue M. Jacob, et aussi au Zoo de Saint-Félicien, on a appris qu'en 2005 il y avait 19 des 21 caribous qui sont morts. »

Les Premières Nations ignorées?

Lucien Wabanonik, membre du Conseil de bande de la communauté autochtone de Lac Simon, dénonce que les Anishinabés de la région n'aient pas été consultés par rapport à cette décision. « Il n'y a pas eu de consultation auprès de nos communautés [...] Encore une fois on a été ignorés, nos droits bafoués. C'est une façon d'agir qui est cavalière et qui devient coutume dans le gouvernement. C'est quelque chose qui doit changer absolument. Ce n'est pas une manière de faire pour travailler avec les Premières Nations ça », se désole-t-il.

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