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La langue, un défi de plus pour les Autochtones anglophones du Québec

Les Autochtones du Québec qui s'expriment en anglais peinent à recevoir des services de santé dans cette langue, ce qui constitue une atteinte à leurs droits fondamentaux, estime une coalition qui regroupe une dizaine de communautés autochtones anglophones du Québec.

Un texte d’Anouk Lebel

La Coalition of English Speaking First Nations Communities in Quebec participait vendredi aux audiences de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics, au Palais des congrès de Montréal.

L’accès à des services de santé en anglais est un défi de taille pour les membres des communautés autochtones anglophones, a expliqué la présidente de la Coalition, Donna Metallic, également directrice du gouvernement micmac de Listuguj, sur la rive sud de la Gaspésie.

« Souvent, les aînés ou les autres membres de nos communautés sont dirigés vers des services en français », a-t-elle déploré.

La barrière de la langue s’ajoute au manque de compréhension de la réalité culturelle des Premières Nations au sein du réseau de la santé, selon la Coalition.

Des problèmes criants

Le manque d’orthophonistes et l’accès aux services de santé mentale en anglais sont des problèmes criants, a fait valoir Donna Metallic.

Elle a expliqué que la plupart des communautés membres de la Coalition se trouvent à la frontière du Nouveau-Brunswick ou de l’Ontario. Or, leurs membres sont des Québécois et ont de la difficulté à se faire rembourser les services de santé obtenus dans la province voisine, a-t-elle dit.

L'anglais était la principale langue parlée de près des deux tiers des Autochtones du Québec après leur langue maternelle, selon les données du ministère des Affaires autochtones et du Nord du Canada datant de 2012 et obtenues par la chercheuse Amy Chamberlin pour le compte de la Coalition.

Pour améliorer l’accès aux soins, la Coalition demande un meilleur financement des services de traduction au sein des communautés et des ententes de couverture des soins de santé avec les provinces voisines.

« Je veux vous assurer que nous vous écoutons et que nous comprenons vos préoccupations », a affirmé le commissaire en chef, Jacques Viens.

La Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics concluait vendredi ses audiences à Montréal. Elle reprendra ses travaux à Val-d'Or le 3 avril.

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