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La Meute recrute de plus en plus d'adeptes en Abitibi-Témiscamingue

Le groupe « La Meute » recrute de plus en plus d'adeptes en Abitibi-Témiscamingue : près de 130 personnes adhèrent à ce groupe qui dénonce la montée de l'islamisme radical au Québec.

Un reportage d'Émélie Rivard-Boudreau

Jacques Grandmaison, de Senneterre, est le chef du clan pour la région depuis un an et demi. Dans son rôle de chef du groupe La Meute en Abitibi-Témiscamingue, on le surnomme « Jack Jackcrow Grandmaison ». « On est là nous autres pour informer la population, et non faire la guerre », plaide-t-il.

Lui est ses membres, qu'il appelle ses loups, croient que le flux d'immigration n'est pas assez contrôlé, que la montée de l'islamisme radical est dangereuse au pays et que les principaux médias d'information cachent l'ampleur du phénomène en Europe.

« Les agressions dans les rues en France, en Belgique, en Allemagne, nous autres on veut empêcher que ça arrive. »

Selon l'agent de prévention au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence, Maxime Fiset, l'islamisme radical existe bel et bien au pays. Mais il ajoute qu'il peut être dangereux de surestimer sa menace.

« De là à dire qu'il existe une menace sur le Québec, à ce moment-là, c'est une grossière exagération, il s'agit d'une théorie du complot », fait valoir M. Fiset.

Nommer les malaises d'une société

Le directeur de l'école primaire de Lac-Simon, Luc Létourneau, a été enseignant d'éthique et de culture religieuse pendant six ans. Au lendemain des attentats à la grande mosquée de Québec, il avait organisé « Val-d'Or pour la paix », une soirée de recueillement multiconfessionnelle. Selon lui, la méconnaissance explique en partie la création d'un tel groupe. Il croit cependant qu'il ne faut pas ignorer ou ridiculiser leurs préoccupations.

« Ces gens-là ont ce message-là à dire, lance-t-il d'emblée. C'est parce que quelque part, il y a des gens qui les écoutent et qui pensent la même chose et c'est un malaise qui n'est pas nommé. Alors, peut-être que ces gens-là nomment de façon maladroite des malaises qui existent dans notre société. Déjà, d'entrer en contact avec des gens et de leur parler, ça peut aussi faire en sorte que ces gens-là se sentent écoutés, disent ce qu'ils ont à dire. »

L'Association culturelle musulmane surprise

L'Association culturelle musulmane de Val-d'Or a pour sa part été surprise par l'existence d'un groupe de La Meute en Abitibi. Jamais elle n'a détecté de soupçons de radicalisation dans la région. Son président, Abdoulaye Diallo, ne craint pas le groupe et espère qu'il soit ouvert au dialogue.

« Nous aussi on sait qu'il y a des musulmans, peut-être, qui sont radicaux, dans leur manière de faire, mais ils ne représentent pas les musulmans ces gens-là », soutient-il.

Jacques Grandmaison a dit vouloir rencontrer l'Association culturelle musulmane de Val-d'Or. Une invitation qui sera acceptée par Abdoulaye Diallo.

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