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La mort du Dr Réal Lacombe crée une onde de choc en Abitibi-Témiscamingue

La mort du Dr Réal Lacombe crée une onde de choc dans la région. L'ex-directeur de la Santé publique de l'Abitibi-Témiscamingue et fondateur du Réseau québécois de Villes et villages en santé est mort, jeudi. 

Avec les informations d' Émilie Parent-Bouchard

« C'est une perte, non seulement l'homme, mais l'oeuvre », laisse tomber la cadre supérieure en communications du Centre intégré de santé et de services sociaux Denise Stewart, qui a travaillé plus de 15 ans à l'Agence de santé avec le Dr Réal Lacombe.

Elle garde le souvenir d'un homme « bon, généreux et gentil », dont le départ inattendu créera un énorme vide.  Elle salue notamment son intelligence fine, ainsi que sa capacité à parler aux gens avec le coeur.

« Ça réagit fort. Il était très aimé à l'Agence [de santé et services sociaux] et puis au nouveau CISSS. C'était un homme qui était admiré, il avait beaucoup de connaissances, alors on était tous en peine [au moment d'apprendre son décès]. C'est une perte. Non seulement [de] l'homme, mais [de] l'oeuvre aussi. C'était un homme qui était innovateur [sic], donc on a eu accès à une intelligence fine [à] quelqu'un qui était visionnaire, c'est quelqu'un qui faisait atterrir les grandes idées, mais dans le terrain. C'était un homme intelligent, comme je vous dis, mais il était capable de travailler dans le concret », affirme Denise Stewart avec tristesse.

Fondateur du Réseau Villes et villages en santé

Le départ du fondateur du Réseau québécois de villes et villages en santé attriste aussi Denise Lavallée, qui a porté le dossier depuis ses débuts à la Ville de Rouyn-Noranda. Si le Dr Lacombe est considéré comme le père de cette initiative reconnue par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et adoptée par plus de 200 municipalités québécoises, Denise Lavallée en était la mère.

« On est la première ville sur ce côté-ci de l'Atlantique à s'inscrire dans une démarche de ville en santé. Il a contribué grandement à la mise en place du réseau québécois de villes et villages en santé. Il y a un mouvement international des ''healthy cities'' ou des villes en santé », fait-elle valoir, le coeur noué.

Un « innovateur », dit l'ancien ministre de la Santé Jean Rochon

Réal Lacombe a aussi laissé sa marque au sein du système de santé québécois, notamment après avoir participé, à la fin des années 1980, à la Commission Rochon.

Le président de cette commission et ministre de la Santé au sein des gouvernements Parizeau et Bouchard, Jean Rochon, souligne le caractère visionnaire du Dr Lacombe, qui se traduisait plus récemment par le développement d'une approche intégrée pour la prévention et la prise en charge des maladies chroniques, dit-il.

« Je pense qu'il a été l'un des premiers là aussi à ouvrir une piste en développant des innovations très concrètes et en mobilisant les partenaires », explique celui qui parle du décès du Dr Lacombe comme d'une « grande perte pour la santé publique ». 

Réaction du milieu politique

Le doyen de l'Assemblée nationale et député d'Abitibi-Ouest s'est dit affecté par cette nouvelle, tant d'un point de vue professionnel que personnel.  François Gendron décrit le Dr Lacombe comme un homme « authentique et passionné, à la pensée collective ».

Il souligne d'ailleurs sa participation à l'amélioration du système de santé, notamment à travers sa participation à la Commission Rochon à la fin des années 1980. « Il a oeuvré, bien sûr, en région, mais il a oeuvré nationalement. Le national, pour nous, c'est le Québec. Et il a participé - je l'ai vu souvent dans les rencontres au ministère de la Santé et des services sociaux - et puis quand il allait là, ce n'était pas pour prendre un café. C'était pour améliorer », assure François Gendron.

Sur les réseaux sociaux, le ministre responsable de la région, Luc Blanchette, dit aussi avoir appris le décès du Dr Lacombe « avec regret ».

« L'oeuvre est titanesque en matière de santé publique. Réal Lacombe était la référence au Québec. Il a d'ailleurs représenté non seulement les gens de l'Abitibi-Témiscamingue, mais les gens venaient chercher son avis à l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) - il a joué un rôle majeur là-bas », souligne le ministre, joint au téléphone et qui précise qu'il prépare une déclaration à lire au Salon bleu de l'Assemblée nationale. 

Implication au Tour de l'Abitibi

Par ailleurs, le départ du Dr Lacombe se fait aussi ressentir dans le monde du sport. L'avocat et passionné de cyclisme Marc Lemay souligne que Réal Lacombe a notamment contribué à « professionnaliser » le Tour de l'Abitibi.

Il rappelle que c'est lui qui a établi les protocoles d'intervention médicaux au fur et à mesure que grandissait l'organisation.

Les cérémonies funéraires auront lieu lundi et mardi, à Rouyn-Noranda.

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