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La murale, une forme d'art public qui gagne du terrain en Abitibi-Témiscamingue

Les murales se multiplient depuis quelques années en Abitibi-Témiscamingue. Des événements comme le Festival de musique émergente ou encore le mouvement CULTURAT contribuent à cet essor et la venue d'artistes de renommée internationale spécialisés dans cette forme d'art public contribue au développement des talents d'ici.

Avec les informations d'Émilie Parent-Bouchard

« J'adore le travail [à grande échelle], lance d'emblée Jason Botkin, artiste muraliste qui a laissé sa trace sur plus de 200 murs en Amérique du Nord et en Europe. Avec les murales, c'est un bon [changement du travail d'atelier], un bon défi », ajoute le fondateur du collectif En Masse, alors qu'il peint les derniers effets de lumière sur sa murale du Vieux-Noranda. 

Alejandro Figueroa, de Speakeasy Art, coproducteur de l'oeuvre avec le Festival de musique émergente, l'observe attentivement. Il croit que la murale permet de démystifier le travail des artistes.

« Ce moyen d'expression-là est important parce que ça donne de la visibilité aux artistes et ça démocratise l'art en donnant des oeuvres qui ne se retrouvent pas dans nécessairement dans un musée, une galerie d'art », plaide-t-il. 

Marquer le territoire par les arts

Marquer le territoire par les arts, c'est d'ailleurs l'objectif du mouvement CULTURAT, aussi partenaire du projet. Pour la porteuse du dossier chez Tourisme Abitibi-Témiscamingue, les oeuvres réalisées depuis cinq ans ont un effet boule de neige. Et la murale n'échappe pas à cette logique, selon Sonia Demontigny. 

« Je pense que là, ça prend forme sur le territoire, les gens peuvent concrètement voir des projets. Il y a Latulipe-et-Gaboury qui a fait un truc sur le pont avec Frank Polson, il y a eu Omen qui est allé au Prospecteur dernièrement, il va y en avoir probablement un autre à la place Albert-Dumais, énumère-t-elle. [...] Ça se poursuit de différentes façons, dans différents milieux, à différentes échelles. »

Transfert d'expertise

Elle ajoute que la venue de muralistes de renommée internationale permet aussi d'alimenter la démarche d'artistes d'ici. Une opinion partagée par l'artiste Ariane Ouellet.

« Quand il y a des artistes de l'extérieur qui viennent, d'autant plus que là on a fait venir des muralistes, c'est leur métier, ils font presque juste de la murale, ça brasse les cartes, ça nous montre des façons de travailler, des savoir-faire, des styles différents », croit celle qui a désormais la piqûre et qui a pu perfectionner cet art ici grâce à des formations, notamment avec Omen, mais aussi à Montréal, avec le collectif MU. 

L'artiste mentionne maintenant voir sous un autre angle les murs qu'elle croise sur son passage...

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