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La prudence s'impose pour la hausse du salaire minimum, croient les gens d'affaires de la région

Les regroupements d'affaires de la région n'excluent pas l'idée d'augmenter le salaire minimum, mais croient que le seuil de 15 dollars réclamé par les principales centrales syndicales, des groupes de travailleurs, des organismes antipauvreté et certains élus est excessif par rapport à la capacité de payer des entreprises. Quant à l'idée d'appliquer des barèmes différenciés pour les régions et les grands centres, les chambres de commerce sont catégoriques : il n'en est pas question.

Avec les informations de Boualem Hadjouti

La question soulève de l'intérêt à travers la province depuis quelque temps, mais le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Rouyn-Noranda (CCIRN) croit que le dossier ne doit pas être traité à la légère. Jean-Claude Loranger met en garde contre une hausse importante du salaire minimum qui ne prendrait pas en considération la capacité de payer des entreprises.

Maintien des emplois et du pouvoir d'achat des travailleurs

« Si on hausse le salaire minimum de façon très importante, en bout de ligne, la facture va être refilée aux consommateurs, prévient-il [...] C'est sûr que si on hausse les salaires minimums, ça va entrainer une hausse des autres échelles salariales par la suite, donc il faut être conscient de ça, on doit faire une bonne réflexion. »

Son homologue de la Chambre de commerce de Val-d'Or, Stéphan Ferron, est du même avis, exprimant des craintes quant à l'effet d'une augmentation subite sur la marge de manoeuvre des entreprises.

« Ça entrainerait justement au contraire des déséquilibres, si on faisait des augmentations drastiques [sic], le 15 dollars dont on parle c'est 40 % d'augmentation, ce n'est pas habituel de voir des hausses salariales de 40 % dans aucune entreprise, tant pour le salaire minimum que pour les autres rémunérations [...] Tout est une question d'équilibre pour maintenir les emplois. »

Un non catégorique à la modulation du salaire selon les régions

Par ailleurs, Stéphan Ferron met en garde contre une modulation du salaire minimum en fonction des régions, une idée proposée par l'économiste Pierre Fortin qui argue que les salaires sont en moyenne plus élevés dans les grands centres qu'en région et que cette réalité devrait se refléter sur le salaire minimum.

Selon M. Ferron, appliquer des barèmes de salaires différenciés selon les régions encouragerait les travailleurs à quitter pour les régions où le salaire est le plus élevé. Le président de la CCIRN met également en garde contre la modulation du salaire minimum selon les régions. 

« On trouve ça très dangereux, normalement le salaire minimum doit respecter les lois du marché, explique M. Loranger. [...] Si on prend cette tangente, [qu'on] crée un écart important, ça pourrait se traduire par un exode de nos jeunes vers les grands centres, ce qui n'est pas souhaitable, et une difficulté [de recrutement] pour nos commerces qui font appel aux gens au salaire minimum, un manque de main-d'œuvre [serait] éventuellement [à anticiper à ce niveau]. »

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