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La réconciliation passe par la reconnaissance et le développement du droit autochtone

La directrice de l'Unité de recherche en droit autochtone de l'Université de Victoria, Val Napoleon et la professeure à la Faculté de droit de l'Université de l'Alberta, Hadley Friedland, ont formulé deux principales recommandations mercredi à la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec.

Un texte de Thomas Deshaies

Elles demandent au gouvernement de financer de manière substantielle les recherches portant sur le droit autochtone dans les communautés.Il faut au moins un engagement sur 10 ans, pour aborder sérieusement la situation.Les deux professeures avaient expliqué au début de leur témoignage que le droit autochtone existait bel et bien avant la colonisation, mais qu'il avait été marginalisé par les autorités canadiennes.Elles estiment que les communautés doivent amorcer un processus pour se réapproprier leurs lois et traditions légales. Leur unité de recherche a d'ailleurs développé un modèle de recherches ainsi que des méthodologies qui pourraient être réutilisés par les groupes de recherche à travers le pays.

Former les juristesLe droit autochtone, selon les chercheures, devrait être inclus dans le processus de formation des juristes au Québec, proposent aussi les chercheuses.À l'image d'une plante qui réussit à survivre et à se développer dans des zones arides, les lois autochtones ont survécu, malgré la colonisation, a expliqué la professeure Val Napoleon.« N'importe où les personnes ont pu le faire, les lois autochtones ont continué, mais il reste maintenant la tâche de reconstruction globale et c'est très complexe », affirme Mme Napoleon.Un remède à la perte confianceLa confiance a été fortement ébranlée face au système de justice canadien. Les autochtones perçoivent cette structure comme étant diamétralement opposés à leurs intérêts, ont expliqué les chercheuses.

« La reconstruction des lois autochtones, ajoute-t-elle, permettra donc fondamentalement de redonner les droits des citoyens autochtones de vivre en sécurité ».

Réceptivité et engagement respectueuxLa deuxième recommandation formulée s'adresse notamment aux différents paliers du gouvernement, qui sont invités à être sensibles aux besoins des autochtones et à s'engager pour supporter le développement des initiatives.Elles suggèrent notamment d'établir des justice shelter (abri de justice). Il s'agit d'espaces d'administration de la justice adaptés aux besoins des communautés. Ce sera une manière de reconstruire la confiance envers l'administration de la justice, en répondant à tous les besoins de justice d'une population locale.On y ferait notamment l'usage des différentes traditions légales incluant le droit civil québécois, le Common Law et les traditions légales autochtones, et ce, pour régler les conflits.

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